Grâce aux prosélytes lyriques, j’ai emmené hier après-midi Garance voir La Petite Renarde rusée, de Janacek. Un conte dans lequel la nature, les animaux, libres, beaux, intelligents, côtoient une espèce humaine bête et méchante.
Question musique, Janacek n’est pas ma tasse de thé. Mais cette renarde là se laisse écouter. Y compris par les enfants qui y ont trouvé beaucoup de plaisir. Il y avait derrière moi un petit garçon de 3 ans qui a suivi toute l’histoire et était subjugué. Garance, a côté de moi, était vraiment ravie.
Les chanteurs jouaient fort bien la comédie et avaient de très jolies voix (même si parfois un peu couvertes par l’orchestre). J’ai été gênée, comme souvent, par le fait que le rôle de certains personnages masculins soit tenu par des femmes. Parce que je ne sais jamais qui chante. Le duo entre la renarde et le chien m’est ainsi passé au dessus de la tête et j’ai eu du mal à suivre celui de la renarde et de son amoureux. Pourtant, cette scène d’amour était bien plus convaincante, à mes yeux, que celle du Roméo et Juliette auquel j’ai assisté il n’y a pas longtemps, et dans lequel Roméo était également joué par une femme (dont la voix était superbe, là n’est pas la question). C’est sans doute grâce au jeu de la chanteuse qui tenait le rôle, Hannah Esther Minutillo.
La mise en scène est légère, joyeuse et on entend rire beaucoup aux trouvailles (la scène du poulailler notamment).
L’histoire, qui tient en quelques lignes :
Le garde chasse se repose dans la forêt. Des méchants moustiques en profitent pour venir lui sucer le sang. La renarde joue avec une grenouille. Celle-ci finit par réveiller le garde chasse qui se réveille et attrape la renarde.
La petite renarde rusée 1
Dans la cour du garde chasse, la renarde doit repousser les avances du chien et se défendre des enfants de la maison. Elle mord l’un d’eux au grand dam de la femme du garde chasse qui demande à celui-ci de l’attacher.
La nuit, la renarde rêve à la forêt. Au petit jour, le coq arrive avec ses poules. Elle tente de pousser celle-ci à la rébellion contre le coq oisif et profiteur. Mais en pure perte. Elle tente alors de se pendre. Le coq vient, voit ce qui se passe, la renarde l’attaque le tue ainsi que toute les poules.
Le garde-chasse et sa femme tente de l’attraper, mais elle s’enfuit.
La petite renarde rusée 2
De retour dans la forêt, elle chasse de sa tanière un blaireau et lui pique son terrier.
La petite renarde rusée 3
Pendant ce temps, les humains discutent au bistro. L’instituteur est amoureux d’une jeune fille mais n’ose se déclarer. Le garde chasse se moque de lui. L’autre lui renvoie la monnaie de sa pièce en parlant de la petite renarde.
La petite renarde rusée 4
Puis, il rentre chez lui passablement éméché sur son vélo, ou plutôt à côté. Et il chante son rêve de femme. Cela dit, on apprendra très vite qu’elle va en épouser un autre, un volailler, sans doute beaucoup moins timide…
La petite renarde rusée 4B
La renarde, elle, séduit, lors d’une rapine un beau renard. Qui se ressemble s’assemble.
La petite renarde rusée 5
Elle l’emmène dans son terrier. Mais devant les commérages que cela entraîne, elle l’épouse. Pour un texte qui oppose la vie animale à la vie des humains, c’est d’un classique…
La petite renarde rusée 6
Ils ont beaucoup beaucoup beaucoup d’enfants. A qui elle apprend à se méfier des humains, à vivre libre et à profiter de la vie. Mais elle croise Harašta, le volailler, elle le défie en lui disant ce qu’elle pense de lui, des hommes en général qui méprisent tout ce qui n’est pas eux. Elle lui vole ses poulets et il la tue, presque par mégarde.
Le Garde-chasse est dépité : ce n’est pas lui qui a obtenu la peau de la renarde, dont il voulait faire un manchon pour sa femme. Il retourne dans la clairière où il avait rencontré la renarde. Il croit y voir sa fille. Mais il est victime de son désir, qui le berce d’illusions : ce n’est qu’une grenouille qui lui saute dans les bras en disant que ce n’est pas lui que le garde chasse avait déjà vu, mais son grand-père.
Les jours se suivent et ne se ressemblent pas. Aujourd’hui, j’ai été voir Les Chimpanzés de l’espace. Du spectacle oui, pas fatigant pour un sou et assez marrant. Je vous fait grâce de l’histoire.
Le mercredi 29 octobre 2008, 00:47 par Vic
Ai beaucoup aimé cet opéra vu aussi dimanche , très belle mise en scène , l’orchestre excellent . C’était rafraichissant et en même temps parfois si triste .. quelques voix un peu trop faibles , oui , d’accord avec toi .Une belle renarde en tout cas ,belle interprétation .
Diffusé en direct sur le site de l’opera le 4 novembre , chouette !
Bonnes vacances Akynou.