Les jours se suivent, et se ressemblent quand on considère l’heure de se réveiller. Ce matin, ce sera 11 heures. Et encore, je suis la première à me lever. On se fait quand même un petit déjeuner que j’essaie de garder frugal pour qu’on ne déjeune pas trop tard. Mais c’est peine perdue. Les filles courent le village à la recherche de chiens à caresser. Apparemment, ils se sont donné le mot, ils rappliquent tous autour de la maison : « Eh venez voir, y a des humains qui font des calins… »
J’ai un mal fou à les faire se mettre à table. Les filles, pas les chiens. A les faire manger, à les faire se préparer. Elles sont toujours parties voir leurs compagnons à quatre pattes et en même temps me serinent : « C’est quand qu’on va à la plage ? »
A 16 heures, je pique une crise. Je me mets à hurler que j’en ai ras le cul de me casser la nénette toute seule. Et puis je hurle juste pour hurler. L’effet est immédiat. Léone est terrorisée et se commence à pleurer. Les deux autres rappliquent illico et se mettent d’un coup à préparer les affaires, chercher ce qui manque. Moi, j’ai mal à la gorge. Et je m’en veux.
Enfin, nous sommes dans la voiture et nous partons à la mer.
Je choisis une plage où nous avions été deux ou trois fois il y a trois ans. Elle est aussi grande que celle de dimanche. Un peu plus déserte, mais nous sommes en semaine. Et surtout, il y a des vagues géniales. Lou, qui ne voulait pas se baigner et qui n’a donc pas emmené son maillot malgré mes conseils, se met illico à le regretter. Qu’à cela ne tienne, elle se baignera avec son tee-shirt et sa culotte.
Et les voilà qui se précipitent à l’eau, qui sautent dans les vagues et qui se marrent comme des tordues. Je ne sais pas combien de temps elles y sont restées. Une bonne partie de l’après-midi. Puis, enfin, elles sont sorties, transies de froid. Et se sont mises à jouer avec le sable.
Du coup, je me suis piqué un petit roupillon. Tant qu’elles sont sur la plage, je suis tranquille. Dès qu’elles entrent dans l’eau, je suis à nouveau sur le qui-vive. Et je fais bien. Quand elles y retournent, la mer s’est faite plus violente. Il y a des tourbillons. Garance a du mal à s’en sortir. Je suis sur mes pieds prête à intervenir, et puis non.
Je les fais sortir pour aller un peu plus loin, toujours des vagues, mais pas de tourbillons, c’est plus calme et même Léone peut se baigner ; nous restons encore là une bonne heure. Le vent n’est pas très fort, il fait bon au soleil. Nous sommes bien. Mais l’heure tourne, il nous faut remonter au village.
J’adore la route à cette heure là. La lumière rasante rend tout magnifique. C’est un vrai bonheur. Nous croisons un troupeau de chèvres aperçu déjà deux jours plus tôt. Je me dis que ce serait bien que je m’arrête pour prendre quelques photos. Mais je continue. Je ne connais pas trop bien la route et n’arrive pas à anticiper les quelques endroits pour se garer. Nous arrivons au village. Ma petite place m’attend. Il me faut d’abord monter dans une route escarpée, bordée de voitures. J’ai juste la place de passer. Puis faire demi tour sur un mini parking dont le propriétaire me laisse l’accés pour faire la manœuvre, puis redescendre doucement vers ma place de parking.
Nous rentrons. Chose incroyable, dans cette maison, il pousse des téléviseurs… Nous en trouvons une qui nous attend sur la table. Les filles s’en emparent tout de suite. Je mets le hola et les envoie à la douche. Puis je file à mon rendez-vous avec le soleil couchant…
A peine sorties de la salle de bains, mes petites téléphages se précipitent devant le petit écran. J’arrive tout juste à les faire dîner. Pendant que j’écris sur mon ordi, elles regardent un téléfilm. A la fin, je les envoie au lit. Extinction des feux.

