Aujourd’hui, on ne fait rien. Enfin on ne bouge pas. Autant au début du séjour, ne pas pouvoir quitter cette maison me rendait chèvre, autant, aujourd’hui, cela me soulage plutôt…
Ce n’est pas pour autant que je vais me reposer. Le matin, j’attaque le rangement de la chambre qui n’en peut plus. Les filles y jettent tout en vrac et il fait désordre. Puis je lave les cheveux de Léone et de Garance. Cette dernière a droit à un traitement de faveur car elle a été recontaminée par les poux juste avant notre départ. C’est un petit souvenir de Paris que j’apprécie à sa juste valeur.
Heureusement, cette année, j’ai emmené, au cas où, tout ce qu’il fallait et je me garde bien d’en parler autour de moi. La fois précédente, Lou et Garance étaient revenues pouilleuses de colonie juste avant notre départ pour la Guadeloupe. Sur place, j’avais averti tout le monde pour éviter la contamination. L’une de mes belles-sœurs a suivi à la lettre les instructions que je lui avais données. L’autre non. Sa fille ne pouvait pas attraper ces bestioles, elle était propre, elle, tchip ! Des poux ! mais ce sont les pauvres et les malpropres qui en ont.
Eh bien pas à Paris, ai-je répondu. Je peux même attester que la fille d’un acteur célèbre, élève dans la même école que les miennes, en a attrapés comme tout le monde, des poux (sans oublier les trois rejetons d’une avocate star de la blogosphère, mais c’est une autre histoire)…
La leçon ayant donc porté, cette année, je traite et je ferme ma gueule. Si ma charmante nièce est contaminée, foutépanmal ! Pour en revenir à Garance, pour la troisième fois depuis notre arrivée, je lui fait le shampooing bio Douce France antipoux, beaucoup plus efficace que tous ceux que j’ai pu acheter en pharmacie, qui a l’immense mérite de ne pas brûler le cuir chevelu et de laisser les cheveux tout doux.
Ensuite, séance peigne. Je ne sais pas si vous connaissez la chevelure de mes enfants. Elles sont métisses, elles ont le cheveu extrêmement frisé. Donc l’exercice n’est pas anodin ni pour elles ni pour moi. Ce matin, j’en ai enlevé beaucoup moins. L’envahisseur recule. Il est en voie d’éradication. J’en profite pour couper le bout des cheveux abîmés de Garance. Le peigne passe ainsi bien mieux. Une fois le pensum fini, je la coiffe et l’envoie jouer.
A Léone, je passe le peigne antipoux par acquis de conscience. Pas de bibites. Soulagement de part et d’autre. Je lui fais donc des tresses (autre moyen infaillible pour dénicher les sales bêtes). Au bout d’une heure, j’en ai enfin terminé, je libère la petite qui s’enfuit en courant chez les voisins d’en face, des fois que me prendrait l’envie de recommencer…
Les poux, c’est vraiment ma croix. Cette année, les filles ont été contaminées dès les premiers jours d’école. Ensuite, il ne s’est pas passé une semaine sans que l’une d’elles n’en récupère. J’ai maintenant un répit d’environ un mois entre chaque traitement. En discutant avec les parents des autres élèves, j’ai pu construire le scénario de l’invasion.
Phase 1. « Je ne comprends pas. Valentin se gratte la tête depuis des jours et des jours, mais que peut-il bien avoir ?
– Des poux, chère madame, des poux, tout simplement.
– Des poux ? Mais vous n’y pensez pas !
– Eh bien, sincèrement, si.
Impossible, pas sa chère chère tête blonde (ou brune, voire ma belle-sœur). J’ajoute ici que je suis toujours stupéfaite, alors que des avis sont placardés sur tous les murs de l’école, du nombre incroyable d’enfants qui arrivent à l’école sans avoir été coiffés. On fait une rapide queue de cheval aux filles, sans démêlage, on ébouriffe les têtes des garçons. Et voilà ! « Ils sont tellement mignons comme cela… »
Phase 2. « Ah tiens, c’est curieux, Valentin se gratte la tête depuis deux semaines. Pourtant, il y a trois mois, je lui ai fait un shampooing antipoux. Ça ne peut pas être ça ! Comment ? Si ? Encore ? Nooooonnnn ! » Ben siiiiiiii. Il y a des mères pour croire qu’un shampooing antibestioles par an suffit à protéger la tête de leurs bambins. Et que le Père noël passe par la cheminée aussi pendant qu’on y est. Outre que les produits tuent les poux, rarement les lentes et que celles-ci éclosent un jour, il suffit d’un autre môme dans le genre du leur pour que ça reparte comme en 14. Aucune de ses mères – il n’y en a pas qu’une – ne demanderait conseil. Chez ces gens-là, Monsieur, on cause pas, et surtout pas de poux.
En attendant, nous sommes nombreuses, les mères agacées, à traiter les têtes de nos morpions. Et nous aimerions bien – c’est vrai quoi, on apprécierait – que tout le monde en fasse autant. On gagnerait du temps.
Bon, on cause, on cause, mais c’est que j’ai de la lessive sur le feu. Déjà l’heure du déjeuner ? Mais je n’ai eu le temps de rien faire… L’après-midi est à peine plus cool. A 16 heures, nous partons avec Lina au local de Mas Ka Klé pour un atelier peinture. J’ai récupéré les robes blanches des deux dernières. Il ne reste qu’à y apposer leurs empreintes pleines de peinture. Mais à 16h30, comme il n’y a toujours personne, nous repartons.
Je m’arrête à une pharmacie. La bestiole qui a sauvagement attaqué mes bras et mes chevilles n’est sûrement pas un moustique. Les boutons sont différents et les démangeaisons démentielles. Je n’ai quasiment pas dormi de la nuit. On me délivre ce qu’il faut pour nettoyer et apaiser. Quand j’arrive à la maison, Lou et Lina sont en train de se préparer. Elles partent pour défiler à Bouillante, dans le sud de la Basse-Terre. Tenue entièrement blanche, sans pub, tête marrée de rouge. C’est bon, de ce côté-là, on a tout ce qu’il faut. Je l’ai déjà dit, mais j’ai tellement peur de louper un truc que je me répète les consigne. Comme les poules qui recomptent inlassablement leurs petits.
Lina est une perle. Elle prend Lou en charge, sans problème, heureuse même de partager sa passion pour le carnaval. Elle nous explique tout, nous conduit. Tout devient facile. Lou part enfin et me fait promettre de l’attendre. Après dîner, je m’installe sur la terrasse et me mets au costume du dimanche. Lou s’est plainte que sa jupe est trop longue et m’a demandé de la raccourcir. Elle est drôle… Avec ses petits ciseaux d’écolière, je m’attaque à ce foutu tissu qui se défend vaillamment.
Léone m’aide comme elle peut en le maintenant. C’est tout juste s’il ne faut pas appeler Garance en renfort. J’en arrive à bout après une lutte âpre et sans merci. Il a beaucoup plu aujourd’hui et le temps est vraiment frais. Léone me réclame un pull et finit par aller se coucher. J’espère que Lou n’a pas trop froid.
Je m’installe pour écrire, mais je suis gelée. Je rentre. A côté de Léone, je prends mon bouquin, je pique du nez, je sombre. J’émerge un peu plus tard, puis replonge. Une vraie équipée sous-marine. Quand Lou rentrera, fatiguée mais super heureuse, elle me dira qu’il est 2 heures du matin. Hum hum mademoiselle, est-ce bien raisonnable pour une jeune fille de 11 ans de rentrer à pareille heure ? Elle ajoutera aussi que sa jupe, en fait, c’est celle de Lina, que c’est pour cela qu’elle est trop grande et que la tantine a dû se tromper. Merdum.
Bon dormons, demain est un autre jour qui sera rude, aussi, sans doute…
1.
Au secours !!!! Rien que de lire cette histoire de poux ça me gratouille la tête tout partout !!! Au secours :))
Ces bestioles ont un pouvoir surnaturels hallucinants…
brrrrr ça gratte, ça gratte !!!
Leeloo pas à poux… mais qui fut à poux quand elle était petitout…
Oh là je n’en ai attrapé qu’une fois et ça m’a laissé un souvenir horrible, alors que mes cheveux étaient long mais pas si indomptables que ceux de tes filles… pauvres vous toutes…
Et j’imagine la tête de la pauvre Lina quand elle s’est rendu compte qu’elle avait une mini jupe, maintenant
Anne : le hic, c’est que c’était prévu pour être une mini-jupe. Et Lina avait en fait plus une rès large ceinture qu’une jupe.
En fait, Lou et Lina n’ont pas une très grande différence de taille, donc c’était encore mettable
Akynou, je te soupçonne d’avoir fait exprès de nous parler des « poux de tes morpions ».
Mais tu aurais pu te gratter la tête encore un peu plus, dans ce cas, et nous inventer
LA VERITABLE HISTOIRE DE POPO LE POUX DE MOMO LE MORPION DE MON EPOUX
ou, au contraire
LE MENSONGE EHONTE DE MIMI LA MORPIONNE DE PIPO LE POUX DE MON PAPA
alors, euh, mon cas perso : le jour où j’ai attrapé des poux, j’ai pris
une des bestioles très délicatement, l’ai mise dans une boîte d’allumettes et suis allée la montrer à la pharmacienne du quartier, parce que je n’en avais encore jamais vu, à 28 ans passés.
La tête de la pharmacienne qui a regardé alternativement le contenu de la boîte et mon humble personne ! Après deux secondes de suspense, dans le genre « je dois décider tout de suite maintenant si cette cliente se fout de ma gueule ou si elle est VRAIMENT demeurée mentale », elle a opté pour la seconde solution et m’a expliqué TRES LENTEMENT que ce que je tenais là, et qui m’avait gratté la tête toute la nuit, c’était un pou.
Je suis restée encore quelques années dans le quartier, mais je préférais carrément marcher un peu plus et aller dans une autre pharmacie…
As-tu vu que dans les lycées maintenant, ils en sont à faire des « journées de la jupe » pour essayer de contrecarrer le machisme ambiant, qui fait que n’importe quelle fille portant jupe se fait insulter ? Ca fait trembler, non ?
Bon week-end
Clopine
Bon chère Akinou, pourtant tes propos sont claires, mais semble-t-il pas encore assez pour ceux qui n’ont pas d’enfant. Avoir un enfant c’est d’abord se mettre dans la merde au sens littéral du terme. Ensuite c,est profiter avec joie des rares moments où il n’y a pas de poux dans la maison, c’est courrir à l’hopital malade de peur pour la jambe cassée ( qui n’est qu’écorché ouf!) et enfin mourrir d’angoisse lorsqu’ils ne rentrent pas le soir. Je résume, la plus belle chose qui peut nous arriver.
Y’as essayé le mélange vinaigre blanc + eau a vaporiser tous les matins sur les cheveux ? Depuis que je fais ça, je n’entends plus parler des poux.
Clopine : tu soupçonne bien, les poux de mes morpions, je ne pouvais pas la louper. Cela dit, ton coup à la pharmacie : très très fort !
Le premier poux que j’ai vu, j’avais 42 ans, il était au fond de la baignoire que je venais de vider et provenais de la tête d’une de mes filles, mais laquelle ?
J’ai été chercher la confirmation que c’en étais bien un sur Internet.
Aude : Je connais, je fais. Mais voilà. Y en a quand même. Faut vraiment une lutte de toute une école pour être tranquille. Tant que les co… ne s’y mettront pas, je suis bonne pour épouiller…
Moukmouk : je te déconseilles d’aller écrire cela sur le blog de Chiboum
Jamais eu de problème de poux moi. Doit faire trop froid ici :-p