Depuis que je suis passé en Mac OSX (cela fait déjà quelque temps, tant de temps que je ne me souviens plus quand), ce n’était plus le grand amour entre Barbarella et moi. Barbarella ? Le nom de mon disque dur. Oui, je sais, pour une femme féministe bien sous tout rapport comme moi, surnommer ainsi son ordi, c’est curieux. Mais ce n’est pas de ma faute, votre honneur. J’ai acheté ma bécane d’occasion à un geek qui avait trouvé malin de lui donner le nom de l’héroïne du film culte des années soixante. A cause de sa femme, qui trouvait qu’il passait trop de temps devant.

Quand il est arrivé chez moi (l’ordi, hein, pas le geek), je me suis rendue compte que ce serait difficile de le débaptiser. En fait, j’ai 2 disques durs. Celui de démarrage – Barbarella – un autre de stockage, partitionné en trois. Les deux premières partitions, j’ai pu les appeler (sobrement) « Images et textes » et « Musique » (ça vous donne une idée de ce que j’y stocke), la troisième s’appelait Pyagar et a gardé ce nom. Parce que Pyagar et Barbarella sont liés (normal, ils sont dans le même film), travaillent ensemble et que remettre cette osmose en question me foutait trop le bordel.

Bref, depuis que je suis passé sous OSX, Barbarella fait la gueule. Il faut dire que si sa plastique est irréprochable, son cerveau est petit, très petit. Dix Giga, pour un disque dur devant tourner sous OSX, c’est peu. Mais bon, il me restait un peu plus d’un giga, je me disais que c’était suffisant pour travailler.

Ça l’a été pendant un peu plus d’un an. Mais, cet été, je ne sais pas si c’est un effet de la chaleur pourtant pas caniculaire, Barbarella a commencé à avoir des maux de tête. Elle saturait. Je ne pouvais plus utiliser plein de logiciels en même temps, comme je le faisais sans vergogne. Deux, voire trois dans les bons jours, mais pas plus. Puis en septembre, je n’ai plus pu utiliser mon logiciel de gravure, trop gourmand. Ce qui donnait des dialogues assez improbables, du genre :
– Dix maman, tu peux me graver Wallace et Grosse Mitte
– Gromit, ma chérie. Non je ne peux pas.
– Pourquoi
– Parce que Barbarella est malade…

Enfin, la semaine dernière, et c’est cela qui m’a décidé (parce que sinon, je traîne, je traîne…), impossible d’utiliser Photoshop, même en n’utilisant que ce logiciel. Ma décision était prise, il fallait d’urgence que je lui trouve une héritière (à Barbarella, eh ! faut suivre). J’avais trop peur de me retrouver un matin avec un écran noir. Cela aurait été la nuit blanche assurée.

Donc, lundi, au lieu de parfaire bêtement ma mine bronzée au square, j’ai été acheter un nouveau disque dur, 80 gigas. Ma machine n’en reconnaît pas plus en Interne. Ce qui n’est pas très grave : pour le moment, cela me suffit. Et ce n’est pas cher.

Le soir, une fois les filles devant la télé de ma chambre (en tout cas loin de salle d’opération), je m’attelle à la tâche. Avec, je ne vous le cacherais pas, une certaine appréhension : je n’avais jamais opéré d’ordinateur à cœur ouvert auparavant. J’espère ne pas déraper.

D’abord, je lance Barbarella, pour faire un peu de place sur Musique. Puis je redémarre avec le disque d’installation de Mac OSX, qui me permet de faire une image disque de Barbarella sur le même Musique. Ainsi pourrai-je – espère-je – récupérer plus tard un certain nombre de données.

J’éteins le tout, je débranche la bête. Et l’installe sur ma table de salle à manger (si vous pouviez voir le capharnaüm qui règne sur mon bureau, vous ne me poseriez pas la question qui – je le sens – vous brûle les lèvres : « Mais pourquoi diable sur la table à manger ? »).

L’heure est grave. Devant les yeux du Nôm, partagé entre l’admiration et l’amusement, j’ouvre la bête, et je pousse un grand cri : « Argggg ! mais c’est noir de crasse là-dedans. » En effet, ce n’est pas les mains dans le cambouis que j’aurais dû annoncer, mais les mains dans la poussière. Il y en a partout, une couche si épaisse qu’on ne sait plus qui est quoi et inversement. « J’aurais dû m’acheter une paire de gants », gémis-je.

Mais bon, j’en ai vu d’autres (ceux qui ont des enfants savent de quoi je veux parler). Je ne sais pas par où commencer. L’aspirateur me semble une bonne idée, histoire de voir un peu plus clair dans ce cloaque. J’aperçois enfin les deux disques durs, montés l’un sur l’autre, les cochons. Et, bien sûr, Barbarella est en dessous. Ce qui ne me simplifie pas la vie. Je débranche les câbles plats très larges qui, repliés sur eux-mêmes, me font tout l’effet d’un accordéon rance. Je serais blonde, je me retiendrais à grand peine de tremper le tout dans un évier plein d’eau bien chaude bien savonneuse.

Maintenant, il faut que je déloge les bêtes. J’aperçois des petites vices visses. Sur le côté gauche, il y a de l’espace, ça s’enlève tout seul. Sur le côté droit, c’est plus ardu. Parce que le montant de l’ordi est si proche qu’il est impossible de se servir d’un tournevis. Oui, mais alors, comment faire ? Cette question va occuper les deux heures suivantes de ma vie…

J’en ai vu, des transplantations. De loin, ça semblait plutôt facile. Mais là, sans notice, tout me paraît d’un coup, très compliqué. Le Nôm et moi tournons autour de la bête, cherchant une solution. On ausculte, on démonte, non, ce n’est pas ça, on remonte. Je regarde l’heure : 22 h 30. Il est hors de question que je renonce. Je continue à faire le tour. En désespoir de cause, j’appelle mon joker, l’ami qui connaît tout sur tout, surtout l’informatique. Il est un peu plus de 23 heures. Je suis dans mes petits souliers.

Heureusement, c’est vraiment un bon copain. Je l’entends qui se marre au téléphone. Il répond à sa femme : « C’est Akynou, elle est en train de changer son disque dur. » C’est, elle aussi, une très bonne copine, car elle se contente de répondre : « Bon courage. » Moi, je me serai peut-être envoyé péter…

Bref, l’ami connaît les PC, mais veut bien me donner un coup de main. Il se branche sur Internet et cherche des images de Mac démontés pour essayer de voir comment l’opération se présente. Il me propose même de passer. Je décline poliment : je tiens à rester copine avec sa femme. Il finit par trouver des photos cadrées si serré qu’elles ne lui expliquent rien du tout. Je lui décris minutieusement ma bécane. On en est tous les deux convaincus : il doit y avoir un truc. Oui, mais lequel ? Je suis comme une poule qui a déniché un couteau. Elle trouve cela très intéressant, mais comment ça marche et qu’est-ce qu’on en fait ?

Au bout d’une bonne demi-heure, le Nôm, qui farfouillait à côté de moi pendant que je causais avec mon copain (très bon ami, je le répète) (je ne le remercierai jamais assez), a un mouvement que je connais bien et qu’il fait en général quand il a trouvé la bonne solution. Effectivement, il tient, dans sa main gauche, le boîtier contenant les deux disques durs et sur son visage, un sourire un peu narquois. Eurêka. J’aime mon Nôm. Je suis folle de joie. Ma bonne humeur est entièrement revenue. J’entrevois le bout du tunnel. Je lui dis : « Tu es mon Everest fort et généreux. Viens, je serai ton Népal… »

[censuré]

Mais non, ne partez pas… Vous pensez bien que, même à minuit passé, je n’allais pas m’en tenir là. En dix minutes, je détache les deux disques durs de leur support, j’installe le petit nouveau, puis mon trio. Je rebranche les fils. Je ferme le capot, l’opération est terminée. Restait à savoir si la greffe avait pris.

Je repose la bestiole sur mon bureau, je rebranche les prises tout en foutant par terre une pile de papiers (je vous avais dis que c’était le b…). J’allume l’ordi avec le disque d’installation. C’est lui qui ordonne la mise à feu. Je lance l’installation. Crotte de bique du Népal : tous les disques sont en rouge, impossible d’installer quoi que ce soit. Le disque n’est pas reconnu comme maître… Je contourne la difficulté, en copiant sur le nouveau disque (appelé plus simplement Akynou) la copie d’image de Barbarella. Je change de disque de démarrage en ayant vérifié qu’Akynou est cette fois bien identifié et doté du système. Je redémarre. Et là, plantade. Ça tourne, ça ronronne. Mais rien ne s’affiche. Impossible de démarrer. Impossible de démarrer avec un autre disque. Toutes les manœuvres sont inutiles. Je ne sais plus quoi faire. Il est 2 heures du matin. Je jette l’éponge. En même temps, je sais que ce n’est pas très grave. La greffe a pris, il faudra juste que je trouve une solution.

A suivre

Cette note est ma participation au jeu de Kozlika, dis-moi dix mots.

En attendant, je n’ai toujours pas de connexion internet à la maison. Et pas beaucoup de temps entre deux papiers.

  1. Le mercredi 26 octobre 2005, 18:29 par luciole

    Très joli coup!!! Pour le jeu hein! Pour l’ordi ben oui, tu trouveras une solution… Un jour… Niark niark… Tu veux venir en vacances chez moi, je te prêterais mon pc et ma conexion internet ;-))! grosses bises!!!

    2. Le mercredi 26 octobre 2005, 18:41 par akynou/racontars

    L’ordi marche comme sur des roulettes (la suite est à venir). La connexion, c’est juste qu’il faut que je réinstalle les drivers et que je n’ai pas beaucoup de temps. Je fais ça par épisode :-)

    3. Le mercredi 26 octobre 2005, 19:05 par François Granger

    Je me fais toujours piéger !

    J’allais te proposer de te donner un coup de main pour régler ce problème de disque dur, parce que toi tu as un Mac ;-)

    Et je trouve que Luciole est quand même très dur avec toi :-D

    4. Le mercredi 26 octobre 2005, 19:20 par Anne

    Héhé en lisant ta description je me disais qu’un intérieur de Mac, finalement, ça ressemble à un intérieur de PC et me demandais si les notions de Slave et de Master étaient usitées chez vouzotres Macophiles.

    J’ai la réponse.

    Bon. J’espère que pour les drivers ça sera plus rapide (si ça ne l’est pas, prends des vacances ;-) )

    Bonne chance !

    5. Le jeudi 27 octobre 2005, 00:13 par François Granger

    Anne,
    Malheureusement, pour de basses raisons financières, nous avons hérité d’un certain nombre de vos défauts à vous autres PCphiles. Le remplacement de « notre » technologie Scuzzi par votre technologie ATA en fait partie avec son collège de terminologie raciste… ;-)

    6. Le jeudi 27 octobre 2005, 06:39 par Anitta

    Bien joué (deux fois). Je retiens la formule : Viens, je serai ton Népal… Hmm hmm. Faites attention aux avalanches, quand même !

    7. Le jeudi 27 octobre 2005, 08:28 par luciole

    Anne: Attention! Un macphil, si c’est un annimal a priori apprivoisé, garde des reflexes de sa vie sauvage, et peut surprendre par ses vivent réactions quans on pronnonce devant lui le mot PC!!!! Chut, je n’ai rient dit! RIRES! (non! pas taper)

    8. Le jeudi 27 octobre 2005, 08:30 par luciole

    vives réactions c’est mieux, en même temps vivent réactions, oui le macphil reste un annimal très vivant! bon ok je sors!

    9. Le jeudi 27 octobre 2005, 10:07 par Anne

    François, je suis désolée pour vous autres macophiles que ces sacrifices sur le matériel ne se ressentent pas sur le prix de vente de vos engins !!! :-D

    Ceci dit les nappes de données des PC modernes (et des mac ??) sont bien plus jolies, toutes rondes !

    Bons bricolages amis macophiles !

    10. Le jeudi 27 octobre 2005, 16:35 par akynou/racontars

    Anne, tout est affaire de goût.

    11. Le jeudi 27 octobre 2005, 16:46 par Anne

    En fait, je dois l’avouer (mais loin de mon amoureux si possible) que j’aime bien les deux et que si je pratique le PC c’est plus pour des raisons de coût que des querelles de clochers ;-)

    12. Le jeudi 27 octobre 2005, 22:30 par François Granger

    Anne, tu es libre de jeter ton argent par les fenêtres… ;-)

    La discussion continue ailleurs

    1. Le samedi 29 octobre 2005, 09:59 par Carnets de voyages au Mozamblog

    La poule et le couteau

    Depuis que je suis passé en Mac OSX (cela fait déjà quelque temps, tant de temps que je ne me souviens plus quand), ce n?était plus le grand amour entre Barbarella et moi. Barbarella ? Le nom de mon disque dur. Oui, je sais, pour une femme…