Il y a une vieille histoire qu’on raconte dans la famille. On dit que chez moi, c’est frugal… D’ailleurs, tous ceux qui ont eu l’occasion de manger à la maison le savent. Chez Akynou, le repas est frugal.
L’origine de cette histoire remonte au temps où j’étais célibataire. Je rentrais de mon premier voyage en Guadeloupe, un 24 décembre, et, n’ayant même pas récupéré du décalage horaire, je passais l’après-midi et la soirée chez mes parents, pour le réveillon de Noël. S’y trouvaient, tous frais montés des Cévennes, ma sœur (ni Aude ni Luciole) et son mari, berger de son état. Nous avons passé une très bonne soirée, détendue, agréable. Un de ces réveillon ou l’on mange bien, où l’on boit bien parce qu’on n’a pas d’enfants à qui faire plaisir… Il faut bien passer le temps et trouver des justifications à ces agapes.
Bref, nous passions une bonne soirée quand j’entendis ma sœur me dire : « Demain, on pourrait venir dîner chez toi.
– Demain, t’es sûre ?
– Ben oui, parce que je repars après-demain.
– Bon, ben d’accord. »
Un peu emmerdée j’étais. Arrivée le matin même des Antilles, après quinze jours de vacances, je n’avais pas la moindre foutue idée de ce que contenait mon congélateur (dans le frigo, il n’y avait rien, ça au moins, c’était une certitude). Le lendemain, c’était le 25 décembre. Donc commerçants fermés.
Le lendemain, j’ai fait à la fortune du pot, c’est-à-dire ce qu’il y avait dans le congélo : un poulet que j’ai fait rôtir au four et des haricots verts. En entrée, j’ai ouvert un bocal de foie gras. J’en ai toujours un sur moi. Il y avait du vin. Du dessert. Pas de fromage. Je n’en mange pas et les crémiers n’étaient pas ouverts.
Oui, mais ma sœur et mon mari, eux, mangent du fromage. A tous les repas. J’ai suffisamment été chez eux pour le savoir. Bref, je leur fais à dîner, mets les petits plats dans les grands, compense par de bons vins l’absence de fromage (oui, mais le vin, sans fromage… pas malin. En plus, je n’avais pas de pastis. Or mon beau-frère ne boit que du pastis. Enfin, ce jour-là, il a bu du rhum). Je trouvais que pour une invitation (enfin, une invitation…) impromptue, je ne m’en sortais pas trop mal.
Mon beau-frère avait l’air d’être content. Ma sœur, cela faisait déjà un moment que j’avais renoncé à savoir. Nous avons passé une soirée très sympa.
Quelques jours après, visite de mes petites sœurs (là, oui, c’est Aude et Luciole, qui connaissaient bien la maison car elles venaient souvent). On parle du séjour de notre sœur et de son mari. Et je crois que c’est Aude qui m’a sorti, hilare :
– Tu sais ce qu’elle a dit ?
– Ben non…
– Que chez toi, c’était frugal.
Frugal ! Alors qu’elle s’était invité le jour de noël, que je débarquais de Guadeloupe. J’étais furieuse, mes petites sœurs mortes de rire.
C’est depuis ce temps-là que je maltraite mes frangines quand elles viennent à la maison. Au moins, si elles se plaignent, ont-elles de bonnes raisons pour le faire. D’ailleurs, en voici la preuve…
1. Le samedi 1 octobre 2005, 01:44 par luciole
mdr!! Tu exagères!!!! Je tiens à préciser que mes nièces sont d’excellentes masseuses et coiffeuses!!!
2. Le samedi 1 octobre 2005, 09:38 par Leeloolene
Géniale la photo !!!! 
3. Le samedi 1 octobre 2005, 17:11 par ardvisura
chez toi ca ressemble a chez nous mais on a ni masseuses ni coiffeuse.
4. Le mercredi 5 octobre 2005, 10:36 par Jazz
Alors, ça, c’est LE genre de remarques qui me met en rogne pendant trois plombes avant que je me rappelle que la colère, c’est pas bon pour ce que j’ai.
Voilà comment naissent les légendes familiales.
5. Le jeudi 13 octobre 2005, 23:52 par alixir
Une soudaine envie de parcourir ton blog, ma première visite m’avait donné l’impression de découvrir une personne que je ne connais pas. Je découvre « famille quand tu nous tiens », et comme j’en suis, je m’y jette. Par hasard, je tombe sur ce texte … Morte de rire je suis. C’est fou comme les choses sont vécues différement suivant les personnes. C’est fou comme les souvenirs transforment la réalité. je n’avais absolument pas gardé en mémoire le fait de m’etre invité. Alors, après au moins 13 ans, puisque ma fille ainée a cet age et que j’étais enceinte d’elle à ce moment là, je te présente mes plus PLATES EXCUSES !!! Mieux vaux tard que jamais ? Et je n’ai jamais eu l’occasion depuis, de vérifier que finalement, chez toi ce n’est pas plus frugal qu’ailleurs. Je t’embrasse ma grande soeur. A bientot…
6. Le dimanche 30 octobre 2005, 19:52 par Bbsato
C’est un traitement de princesse ! Elles auraient du mal à se plaindre… 