En ce matin d’anniversaire, les filles ont trouvé le moyen de me faire tomber du lit à 8h30. Cela faisait déjà un moment que j’entendais Lou dire à ses sœurs et à Canelle de parler moins fort. Mais rien à faire, ça gloussait, ça rigolait. Ça n’avait envie que d’une chose, que les grands se lèvent pour pouvoir jouer en paix.
Matin d’anniversaire ? Oui, mon anniversaire. Ma journée à moi. Le 30 avril. Ça n’arrive qu’une fois dans l’année et j’ai bien l’intention de passer une bonne journée décontractée.
J’ai préparé le petit-déjeuner des petites. Nous n’avions plus de chocolat, donc thé pour tout le monde, trois gouttes pour colorer le lait pour les plus jeunes, nature pour Lou qui se targue déjà de purisme en matière de thé. C’est elle qui a pensé la première à me fêter mon anniversaire. Suivie de ses petites sœurs et de Canelle. Le Nôm lui s’est levé en râlant. Pas à prendre avec des pincettes.
J’ai préparé tout mon petit monde et j’ai coiffé Lou. La seule coiffure créole que je puisse lui faire, c’est ce qu’on appelle là-bas des chouchous, une multitude de petites couettes soit enroulées sur elle-même, soit juste lâchées. Cela lui va très bien. Mais elle ne pensait pas que les couettes seraient aussi hautes, elle a un peu peur d’être ridicule. Je lui assure qu’elle est ravissante. « Tu dis ça parce que je suis ta fille », dit-elle mi-figue mi-raisin.
Je presse le Nôm de se préparer. Le marché ferme à midi et demi et je veux absolument y acheter légumes et charcuteries. Puis, nous passerons au Carrefour pour le reste. Arrivés à Ajaccio, nous tombons dans les embouteillages. Et c’est la chasse à la place libre, une chasse pour laquelle il faut se lever de bonne heure… Nous, nous arrivons toujours pour voir d’autres se garer sous notre nez. Râlant. Finalement, c’est Canelle qui nous dépanne en nous conseillant d’aller nous garer place du Diamant, dans le parking souterrain.
En me dirigeant vers là-bas, j’entends à la radio qu’une manifestation s’annonce pour l’après-midi, des indépendantistes qui réclament que des prisonniers effectuent leur peine en Corse. De voir, sous ce beau temps, ce petit marché si animé et ces gens qui se promènent nonchalamment, j’ai du mal à imaginer une quelconque manifestation. Nous nous garons dans le parking. Je décide d’accompagner Canelle et Lou chez Seashell et je demande au Nôm de descendre au marché et de commencer à faire des emplettes. Arrivés dans l’appartement, nous découvrons une Seashell survoltée. Elle est en train de préparer le déjeuner pour toute une marmaille. La sienne et celle de copains. Son fils doit prendre l’avion l’après-midi même pour Paris.
Je repars avec Garance et Léone. Nous arrivons au marché. Evidemment pas de Nôm. Je fais le tour des étals. Personne. Nous allons dans la halle couverte où se tient le marché aux poissons, toujours personne. Ça commence à m’énerver sérieusement. Finalement, je le découvre sur un étal de légumes. Il vient probablement d’arriver. Il n’a pas commencé les courses. Par contre, il a été acheté son journal. Comme à chaque fois qu’il est pris en flagrant délit, il rigole. Un vrai gamin qui vient de faire un mauvais coup. Indécrottable.
Bon, la journée est belle, c’est mon anniversaire, on ne va pas s’engueuler pour si peu. Je décide de passer l’éponge. Tiens, à propos d’anniversaire, il ne me l’a toujours pas souhaité…
Nous faisons nos achats : courgettes, aubergines, oignons doux, oranges locales (délicieuses), pommes golden, saucissons… Nous sommes déjà délesté d’un bon paquet de sous. Ici, tout est vraiment cher. Plus cher qu’à Paris. Y compris, voire surtout, les produits locaux. Mais je veux quand même les acheter là, car ce sont de bons produits et c’est si rare de nos jours… Je trouve même une confiture de clémentines artisanale sur laquelle je craque. Celle à l’orange que la propriétaire du gîte nous a offerte m’a donné l’envie d’y goûter.
Nous quittons enfin le marché, les bras pleins et récupérons notre voiture. Direction Carrefour, pour d’autres nécessités. Enfin, à la maison, nous préparons un déjeuner rapide. Les petites sont affamées. J’appelle L., mon autre amie ajaccienne, celle qui vit sur son voilier. Je lui propose de la voir dans l’après-midi. Elle a des choses à faire avec Seashell, je sens qu’il y a du complot dans l’air… Elle m’appelle dès qu’elle a fini.
Après le déjeuner, je couche Léone et Garance qui s’endorment en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Elles sont épuisées. Garance, et ses coups de soleil, n’en peut plus. Elle se glisse même sous les couvertures car elle a l’impression d’avoir froid. Je vérifie qu’elle n’a pas de température, car elle semble abattue. Mais non, elle est fraîche comme un gardon. Elle est juste crevée.
Je m’installe sur une chaise longue dehors, à l’abri du parasol. Mon ordinateur sur les genoux. J’y passe un moment. Puis la langueur me gagne. Je pose l’ordi et fini par sombrer. Pas longtemps, une petite heure. Mais ça me fait un bien fou. A mon réveil, je vais boire un verre dans la maison. Je ne trouve pas Garance. Son lit à l’air désert. Je ressors et demande au Nôm s’il sait où est sa fille. « Dans son lit, répond-il
– Mais je viens de regarder. Je t’assure que non.
– Elle est dans son lit.
Je regarde un peu mieux et je la trouve sous les couvertures, tout au fond. Je la découvre et la réinstalle confortablement. Une heure plus tard je la retrouverai à nouveau enfouie.
Je glande ensuite un moment, hésitant entre le soleil et l’ombre. Il fait chaud, je joue les lézards, c’est tellement agréable. Les petites finissent par se réveiller après quasi trois heures de sieste. Nous leur donnons à boire et à manger. Laurence m’appelle. Elle rentre d’Ajaccio et me raconte que la manifestation a dégénéré, qu’une bande de minots sont venus pour provoquer et casser du flic, la tête couverte d’une cagoule. « Les petits cons, assène-t-elle. Et en plus ils se sentent importants avec leur cagoule… Il leur faudrait une vraie fessée. » Je la rassure, ce phénomène existe partout. Les fins de manif sont toujours mouvementées.
Enfin, me dit-elle. Au port, il n’y a rien. Tu peux venir si tu ne crains pas. »
Craindre quoi ? Au port, effectivement, il n’y a aucune trace d’une quelconque échauffourée. Laurence nous attend sur son bateau. Nous nous installons pour l’apéro. Nous sommes bien, mais il fait un peu frais. Après la chaleur de la journée, nous ne nous attendions pas à une telle fraîcheur et je n’ai rien prévu. Heureusement, Laurence nous prête des pulls. Et nous continuons à discuter en buvant et en grignotant, jusqu’à 10 heures le soir… Nous n’avons pas vu le temps passé. Il est temps de rentrer.
Nous prenons le chemin du retour. Dans la voiture, je fais remarquer au Nôm qu’il ne m’a toujours pas souhaité mon anniversaire. « C’était aujourd’hui, fait-il l’air surpris.
– Ben oui.
– Bon anniversaire ma chérie…
J’aime mieux ça.
Arrivée à la maison, je fais une nouvelle plâtrée de pâtes histoire de rassasier les appétits des petits et des grands. Puis nous envoyons tout le monde se coucher sans même passer par la case bain. On verra demain. J’espère que la nuit va être tranquille pour une fois. Mais en pleine nuit, Léone me réveille en me tapant sur le pied. Souvent, je l’accueille, mais là, je suis si fatiguée que je l’envoie chier. Elle part en pleurant. Le Nôm se réveille à son tour. Il n’est pas de meilleure humeur que moi. Finalement, comme nous savons qu’elle est capable de pleurer pendant des heures, nous cédons et la prenons avec nous dans le lit. Et là, il n’a pas fallu nous bercer pour que nous nous rendormions.
1. Le jeudi 19 mai 2005, 00:37 par Aude dite Orium
Hou hou ! ! Il a oublié son naniv’ ! (heu moi j’ai oublié celui de chonchon , et quand il s’est dirigé vers l’étal des gâteaux je lui ai dit que j’en avais pas envie. Il m’ a répondu d’un air boudeur : » ben oui, mais moi ça me ferait plaisir pour mon naniv’! » Oups, pardon.
2. Le jeudi 19 mai 2005, 04:37 par Moukmouk
–Aude, c’est vraiment la super celle-là. Mais fêter son anniversaire en vacances, c’est un peu dommage, ça rate l’occasion de change le quotidien.
3. Le jeudi 19 mai 2005, 09:15 par Seashell
ah oui, mais c’est quand même hyper agréable ! Surtout quand on est plusieurs à le fêter, et que ça se passe dans un bel endroit, et que… et que… vous verrez demain 
Seashell
4. Le jeudi 19 mai 2005, 09:25 par Anne
Heureusement que Aude avait alerté toute la blogosphère pour qu’on essaie de compenser un tout petit peu ce néfaste oubli…
5. Le jeudi 19 mai 2005, 12:55 par racontars
Vous savez, j’ai fait pire. J’ai oublié son anniversaire des 40 ans. C’est lui qui a organisé la fête. et je me demandais bien pourquoi cette année, il organisait pareil truc alors que d’habitude, il ne faisait rien. Heureusement, j’avais quand même prévu des cadeaux…
Dans sa famille personne ne fête les anniversaire, ni même Noël d’ailleurs. On ne fait pas de cadeaux. Le cadeaux, c’est une culture, tout une éducation 