Oh ! excusez-moi, c’est parti tout seul… Il y a des réflexes comme cela contre lesquels on ne peut pas grand chose. Enfin, vous voilà prévenus.

Tarquine s’emporte, et elle a bien raison, contre l’Ipsosorus dinosaurus, qui demande aux sondés leur position dans la famille : chef de famille, conjoint de chef de famille, autre…

Elle précise à juste titre que la notion de chef de famille a disparu depuis la loi du 4 juin 1970. Ça ne date pas d’hier (dans le même genre de loi ancienne et jamais appliquée, les devoirs à faire le soir à la maison pour les enfants du primaire sont interdits depuis 1958…) Là-dessus, son Altesse Sérénissime PrincessH peste contre le sexisme de la langue française (et de son administration) qui ne demande rien sur le statut de Monsieur mais qui exige des femmes qu’elles leur précisent si elles sont encore des Mademoiselles ou si elles sont enfin devenues des Madames.

Cela m’a rappelé quelques souvenirs.

Je crois que Tarquine ne me contredira pas si je dis que le fait de prendre le nom de son mari n’a jamais été dans la loi, est mais bien un usage. Il me semble bien avoir appris ceci lors de mes cours de droit en première année. Un usage qui a eu force de loi, il faut croire.

Nous n’avons, aux yeux de la loi, qu’un seul nom, celui de notre naissance. Sur nos cartes d’identité, il n’y a pas si longtemps, était inscrit Mme Tartempion (nom dit de jeune fille) épouse Trucmuche (nom du mari). Maintenant, on a le choix de le faire inscrire ou pas. Ma carte d’identité ne porte que les mentions Akynou Racontars et ne précise pas que je suis mariée et encore moins à qui.

Quand j’étais jeune (et belle) et que je jouais les assesseurs dans les bureaux de vote les jours d’élection, je m’ingéniais à appeler les femmes par leur nom et non par celui de leur mari. Certaines étaient touchées (notamment une dame assez âgée à qui cela a fait vraiment plaisir). D’autres prenaient la mouche et précisaient illico le nom de leur époux. Ce à quoi je répondais d’un royal :
– Madame, votre vie privée ne me regarde pas…
Ce qui leur clouait le bec, ainsi qu’aux autres assesseurs d’ailleurs.

Comme PrincessH, cette question m’énerve toujours autant et il est rare que j’y réponde. Mais il est de plus en plus rare qu’on me la pose. Vu mon grand âge, on m’attribue d’emblée un Madame qui ne me gêne pas. Il ne me gênerait pas plus si je vivais en concubinage ou si j’étais célibataire.

Juste avant et juste après mon mariage, j’ai mis très vite les points sur les i avec mon employeur dont les employés zélés avaient tôt fait de vous modifier le nom toute femme qui changeait d’état civil. L’employée de la DRH ne voulait rien entendre, je lui ai faxé la page de garde de mon livret de famille et je lui ai dit que si mes feuilles de paie devaient être au nom de mon mari, je lui faisais un tel scandale qu’elle aurait du mal à s’en remettre. Elle a dû me croire sur parole, car le nom du Nôm ne figure sur aucun document, ce qui n’est pas le cas de mes consœurs moins pugnaces.

J’ai eu, quand je me suis mariée, les impôts en travers de la gorge aussi. Moi qui faisais depuis des années mes déclarations toutes seules, à mon nom, me voire disparaître au profit du Nôm, ça me mettait en rage. Mais le pire a été avec les allocations familiales. La deuxième année, j’avais trouvé malin, comme c’est moi qui ai des revenus et non mon mari, de faire la déclaration d’impôt comme Moi déclarante, LUI conjoint. Les impôts n’y ont rien vu de mal. Mais les allocations familiales, qui vérifient la situation des allocataires en ayant accès aux déclarations d’impôts, nous ont mis dans un beau pétrin. Ils ont vu que le déclarant travaillait, ne se sont posé aucune question : pour eux, le déclarant était forcément l’homme. Donc ils ont cru que le Nôm avait retrouvé du boulot et nous ont sucré derechef et sans prévenir l’allocation parentale d’éducation. Arrrrggggg !!!!! Trois mille francs en moins d’un coup !

Cela nous a fait d’autant plus mal que l’allocation nous a été supprimée en juillet, en pleines vacances et que nous ne nous en sommes rendus compte qu’en septembre. Et il nous a fallu pas moins de cinq mois pour les faire revenir sur leur décision et prouver par A+B=X que mon mari ne travaillait pas. C’était kafkaïen d’ailleurs, car pour le prouver on nous demandait une attestation de l’employeur de mon mari, qui n’en avait pas vu qu’il était chômeur en fin de droit avant d’être papa poule. On nous a alors demandé une attestation des Assedic qui nous l’ont refusée puisque mon mari ne touchait plus rien de leur part depuis deux ans.

En fait, nous avons fait intervenir une amie assistante sociale de la Sécurité sociale. Sinon, je crois que nous y serions encore. Autant dire que depuis, j’ai arrêté de faire la maligne.

Mais les allocations familiales continuaient de m’envoyer tous les courriers au nom de mon mari. J’ai fait quatre ou cinq lettre vengeresses demandant qu’on me redonne mon nom. Et puis un jour, j’ai téléphoné pour un tout autre problème. Je suis tombée sur un type tout à fait charmant et compétent. Et quand je lui ai fait par de mon soucis concernant mon identité, il a rectifié la base de donnée. Ça a pris… deux minutes.

Maintenant, tous les papiers sont envoyés à nos deux noms. Et ce n’est pas plus mal.

Pour celles et ceux qui se posent de nombreuses questions sur les noms de famille, les madame et les mademoiselles, lire l’article – parfait – de Me Eolas

Cela dit 1, il y a des femmes qui se font une joie de bientôt porter le nom de leur promis. Et je suis bien contente qu’elles le puissent puisqu’elles en ont envie. C’est comme cela que ma sœur a changé quatre fois de nom de famille et que nous avons un peu de mal à nous y retrouver. Et elle a l’air de le vivre très bien. Ce qui l’ennuie, c’est d’avoir épousé des imbéciles dont elle a dû ensuite divorcer, pas de changer de nom. Mais bon. On peut aussi trouver chaussure à son pied…

Cela dit 2, vous avez vu le projet de carte d’identité et de passeport sécurisé qu’on nous concocte. La carte d’identité serait à nouveau payante et le coût du passeport augmenté. Je croyais nos cartes d’identité sûres… Jusqu’où irons-nous comme ça ? A quand la puce électronique dans le bras…

Cela dit 3, mon mari regarde Chirac à la télé tout en écoutant les comptes rendus des match de foot de l’UEFA… Je me demande bien ce qu’il retiendra de tout ça…

1. Le jeudi 14 avril 2005, 23:57 par Nounou

J’ai entendu dire (si un médecin passe par là, pourra-t-il confirmer ou infirmer mon histoire?) qu’aujourd’hui une femme médecin a l’obligation de travailler sous son nom de jeune fille. Cette nouvelle règle a été institué à la demande… des hommes médecins. Les médecins plus féministes que les autres?
Que nenni!

Beaucoup de médecins se rencontrent pendant leurs études, et parfois ils divorcent. Les femmes demandaient (et obtenaient) le droit de garder leur nom de femme mariée, vu qu’elles avaient leur clientèle sous ce nom-là. Et messieurs les médecins ça les gonflaient que leurs ex utilisent leur nom, et parfois leurs réputations…

2. Le vendredi 15 avril 2005, 00:09 par Ebb

Héhé, au Québec, c’est bien connu qu’il faut toujours utiliser « Madame », peu importe l’âge de la fille ou de la femme, histoire de ne pas être péjoratif ni de s’immiscer dans la vie privée des gens ;)

Ici ça fait assez longtemps que les femmes gardent leur nom de jeune fille (en fait c’est même un peu dommage, elles ne PEUVENT pas prendre le nom de leur mari). D’ailleurs avec les mouvements féministes, beaucoup d’enfants québécois (comme moi ;)) portent le nom de leurs deux parents. Bon, je trouve que Dre Tartempion-Trucmuche, ça va faire un peu long, mais c’est comme ça…

Avec la nouvelle loi en France, c’est maintenant possible de le faire aussi, sauf que c’est laid, il faut écrire : Tartempion – – Trucmuche, pour une obscure raison !

3. Le vendredi 15 avril 2005, 00:16 par racontars

Mais en France aussi, on a toujours pu garder son nom de jeune fille. et d’ailleurs, ce n’est pas qu’on pouvait, c’est que c’était une obligation vu que la notion de nom de jeune fille n’existe pas en droit français. on porte son nom de naissance.
Tout ça, c’est juste un usage…
Il faut lire la note d’Eolas à ce sujet, tout à fait éclairante…

4. Le vendredi 15 avril 2005, 01:11 par Aude dite Orium

je trouve assez legitime que chacun puisse garder son nom et que les enfants portent le nom de leur deux parents; d’ailleurs, a priori c’est l’enfant des deux et ce n’est pas parce que c’est la filiation maternelle la plus sure qu’il faut l’oublier. D’ailleurs, je deteste devoir dire a l’école, par exemple « Bonjour, je suis MMe trucmuche la maman des enfants machinchouette »; ca me donne l’impression qu’ils sont pas tout a fait a moi, et ça j’ai un tantinet du mal a l’accepter… D’autant plus que c’est moi qui fait tout le boulot ! Vu qu’on est séparé avec leur père et qu’il se contente de crier bien fort son nom et ses origines pour affirmer sa paternité. C’est jamais qu’un nom, peut être, mais je vois pas pourquoi on me le conteste.

5. Le vendredi 15 avril 2005, 01:56 par Aude dite Orium

Je viens de lire l’article sur les nouvelles pièces d’identité, Ah bravo !

6. Le vendredi 15 avril 2005, 04:58 par Moukmouk

Je confirme au Québec la loi interdit à la femme de prendre un autre nom, à moins de passer par la procédure longue et ardue de changement de nom au régistre de l’état civil. Un an de démarche minimum et une grosse facture ( à moins qu’il y ait force majeur, un mariage n’en étant pas un )

7. Le vendredi 15 avril 2005, 09:37 par Anne

Pour le nom, je vais t’envoyer L’Amoureux. Peut-être que la lecture de ton billet lui fera comprendre pourquoi, s’il me met la corde au cou, je préfèrerais m’appeler Madame Chiboum – L’Amoureux que Madame L’Amoureux, professionnellement notamment. Et que je serais toujours Madame Chiboum, même si je l’aime à la folie ;-)

En ce qui concerne la CNI, je suis folle de rage. Comment un document OBLIGATOIRE peut-il être payant ??? J’attends qu’on annonce le prix, je sens que je vais encore faire des petits bonds, tiens…

8. Le vendredi 15 avril 2005, 14:16 par brio

Effectivement, l’administration a encore du chemin à faire pour reconnaître qu’un couple est une entité collégiale sans rapport hiérarchique. La formulation Vous / votre conjoint sur la déclaration d’IR nécessiterait une modernisation. Veuve Tarquine a raison aussi de s’emporter contre l’usage toujours persistant de l’imbécile notion de chef de famille.

Concernant le Monsieur / Madame / Mademoiselle, je me souviens qu’une asso militante, le C.E.R.F., voulait qu’un quatrième titre soit institué : Mondemoiseau, pour les garçons (jeunes ou vieux).
Jolie démonstration par l’absurde visant en réalité à faire réfléchir sur l’usage de « demoiselle ». Avec 20 ans d’avance, les Allemands ont abandonné la Fraulein : les filles sont des Frau à n’importe quel âge. Qu’attendons-nous ? 

Toutes les femmes n’ont pas la sensation de perdre leur racines ou leur identité en adoptant le nom de leur époux comme nom d’usage. Dans certains cas, c’est même une revendication !
Un exemple familial : ma mère. Ma mère s’est barrée de chez ses parents à dix-huit ans, en épousant le premier crétin venu (selon ses propres termes). Puis elle a rencontré mon père, a divorcé du premier, a épousé le second.
Je ne compte plus les fois où elle m’a répété qu’elle voulait que seul le nom de son second mari figure sur sa tombe, parce que (dit-elle) « j’ai choisi mon mari, pas mes parents ». Je l’ai souvent aussi entendue pester contre l’Administration qui lui rappelle sur chaque acte notarié qu’elle a épousé un Monsieur Bidule en premières noces (j’ignore si c’est toujours l’usage de nos jours, mais il fut un temps où on retraçait tout l’historique matrimonial des gens sur les actes officiels).
Bref, ma mère aimerait ne porter qu’un seul nom : le même que son mari et ses enfants. 
Akynou, je suis de tes fans… mais pour cette fois, NON !
Interpeller les citoyennes par leur nom de naissance, tant mieux pour celles qui apprécient. Mais rétorquer « Madame votre vie privée ne me regarde pas » à celles qui protestent… Pardon, ça n’a rien de royal et si les personnes se sont laisser clouer le bec, c’est qu’un bureau de vote n’est pas un lieu de débat ou de scandale.
Voilà une répartie violente et irrespectueuse, un acte de suffragette en quête d’exploits militants à raconter. Aucun respect, aucune humanité dans cette fanfaronnade.
Quant au « nom de naissance »… Ne nous voilons pas la face : les lois sur le choix du nom de naissance étant récentes, c’est leur *patronyme* que tu as servi à toutes les femmes présentes. Patronyme = le nom du père. En quoi le nom du père vaudrait mieux que celui du mari, j’aimerais bien comprendre !

La phrase « Nous n’avons, aux yeux de la loi, qu’un seul nom, celui de notre naissance » n’est pas tout à fait exacte. La loi n’ignore pas l’usage, ce qui se traduit par la possibilité de faire figurer le nom du mari sur les papiers officiels et de l’utiliser dans la vie courante. La loi est donc bien plus souple et moins aveugle que tu ne l’indiques. Certaines femmes faisant le choix d’un nom de famille commun avec époux et enfants, ce choix est respectable et à respecter.

Du reste, c’est tout de même incohérent de te montrer aussi légaliste et Administrative quand tu joues les assesseurs, et de pester quelques lignes plus bas contre les lois et les usages administratifs qui ne vont pas assez vite à établir une stricte égalité de considération entre les citoyens, quel que soit leur sexe. Et contre les fonctionnaires retors qui refusent de comprendre que ce puisse être Akynou et non son Nôm puisse être responsable des relations avec la CAF.

En t’en tenant au patronyme des citoyennes, tu n’as fait qu’adopter cette rigidité caractéristique des services d’Etat-civil, qui ulcère tous ceux qui y sont confrontés.

9. Le vendredi 15 avril 2005, 15:06 par Elisa

Bonjour à tous et à toutes,
Bonne nouvelle, même si certains sondeurs ne sont pas encore informés : il y a quelques semaines, l’INSEE (sauf erreur) a enfin supprimé le chef de famille de ses sondages pour la « personne de référence ». La personne de référence est celle qui a le plus haut revenu dans le couple, parce que cela donne une idée du niveau de vie du couple. A +

10. Le vendredi 15 avril 2005, 17:54 par ImpasseSud

Moi, je trouve que finalement ça n’a pas une grande importance parce que les motivations des choix ne sont pas uniformes, mais bien personnelles.
Par exemple en Italie les femmes mariées ne portent pas le nom de leur mari. Par contre le choix de mettre ou ne pas mettre son nom sur la CNI ne date que d’une dizaine d’année. Je crois que le fait de conserver son propre nom a un rapport direct avec le régime matrimonial « normal », c’est-à-dire la séparation des biens, en vigueur jusqu’à la moitié des années 70. … Jusqu’à cette date, à sa conjointe on ne passait ni son nom ni ses biens. Mais une conjointe riche conservait tous ses biens. Faut-il y voir une discrimination ou une protection?
En ce qui me concerne, je me présente indifféremment sous mon nom de jeune fille, sous celui d’épouse ou avec les deux noms conjoints, suivant les circonstances. Mais dans mon fort intérieur, j’ai toujours mon nom de jeune fille, et c’est celui que j’accroche à tout ce que j’aime.

11. Le vendredi 15 avril 2005, 18:28 par ImpasseSud

Paiement pour la CNI
J’ai refait faire ma CNI l’année dernière. La gratuité est relativement récente. Aussi loin que je me souvienne, elle a toujours été payante. Je viens de retrouver les photocopies des deux précédentes. En 1992, j’ai payé 150 F et sur celle de 1981 le timbre fiscal est de 60 F.
La fabrication des nouvelles cartes coûtant plus cher que les anciennes, en carton, j’imagine que le gouvernement a décidé de rentrer dans ses frais. Qui faut-il remercier ?

12. Le vendredi 15 avril 2005, 22:34 par racontars

Impasse Sud : tu as raison, cela ne fait pas si longtemps que la CNI est gratuite. C’est Lionel Jospin qui l’avait rendue gratuite. Par contre, la version actuelle, plus chère que la vieille version papier, était en place avant la décision de Jospin. C’est Pasqua, déjà dans une optique sécuritaire, qui avait lancé cette carte plastifiée et « infalsifiable »
Pour la prochaine, c’est vrai que le prix me soucie (pour cinq personnes, cela va nous revenir très cher) mais je me pose des questions. Je n’aime pas trop l’idée de la puce. Nous sommes déjà fichées, encartés. Là, notre espace de liberté se restreint encore. Et si il y a une erreur de lecture de carte, qui va nous protéger. J’aimerais bien que les politiques, quels qu’ils soient, réfléchissent aussi de temps en temps en terme de droit, de liberté, de non ingérence, de libre arbitre, et pas toujours en terme de sur sécurité…

Brio : Ou lala ! Volée de bois vert je me prends. J

Pour la loi, je me suis référée au billet de Me Eolas, qui connait mieux le code civil et ses servitudes que moi. Mais il me semble que si l’Etat tolère l’usage, ce n’est pas le cas de la loi. Vois-tu ce sont deux choses fort différentes. La loi ignore l’usage. Par essence si je puis dire. Sinon, ce ne serait pas un usage, mais une loi. Moi, je parlais de la loi parce que très peu de gens la connaissent. Et excuse-moi, mais si on appliquait la loi dans toute sa rigueur, ta mère tomberait sous son coup. Autant te dire que je ne le souhaite pas. Moi, je souhaite que chacun fasse selon son désir.

J’ai pris la peine, d’ailleurs, à la fin de mon texte il est vrai, d’ajouter un cela dit 1 qui dit : « il y a des femmes qui se font une joie de bientôt porter le nom de leur promis. Et je suis bien contente qu’elles le puissent puisqu’elles en ont envie.» Comme d’habitude, je ne parle que pour moi.

Les fonctionnaires retors : tu vas au-delà de ma pensée. J’ai quand même commencé en disant que j’avais voulu jouer la maligne. Pour moi, quand on veux faire le malin, c’est qu’on fait une connerie, qu’on se croit le roi du monde et qu’on oublie de réfléchir deux secondes. Vu ce que ça m’a couté, je n’étais pas tellement fière de ma petite guéguerre à la noix. J’ai également dit que mon problème de nom avait été réglé en deux temps trois mouvements par un fonctionnaire, homme qui plus est.

Pour le nom de naissance, j’ai le nom de mon père. Je n’ai aucune fierté particulière à porter ce nom. Mon père est un sale con doublé d’un salaud. Mais c’est mon nom, autant que le sien. C’est celui que j’ai reçu à la naissance. Celui là ou un autre… Si la loi avait consisté à donner celui de l’officier d’état civil qui enregistre les naissance, j’en aurais porté un autre. Qu’importe ! Mais le nom qu’on m’a attribué, il me reste. Je me suis posé la question pour mes filles. L’important n’est pas de qui vient le nom, mais d’avoir un nom quel qu’il soit. Un nom qu’on s’approprie en grandissant, en devenant adulte et qui devient une partie de soi-même. Pas du père, pas de la mère, de soi. Je ne me définis pas par rapport à mon père, pas par rapport à ma mère, pas non plus par rapport à mon mari. Je me définis par rapport à moi. Aqui estoy yo !
Et je souhaite qu’il en soit de même pour mes enfants. Elles ont un nom, pas toutes le même, mais elles se le sont approprié, elles l’ont fait leur. Et j’espère qu’elles en seront fière. Pas parce que c’est celui de leur père ou de leur mère mais parce que c’est le leur.

Quant à l’épisode du bureau de vote, j’avais 19 ans. C’est clair que je ne m’amuse plus à ce genre de calembredaines. Cependant, quand j’avais 19 ans, c’était il y a, euh, voyons, 27 ans. Et la situation n’étais pas du tout la même que maintenant.
Il était quasiment impossible pour une femme de garder son nom de naissance, les banques leur refusait d’ouvrir des comptes à leur nom sauf autorisation écrite de leur mari. Les femmes qui ont tiqué à l’annonce de leur nom n’étaient pas des femmes qui avaient choisi. C’était des femmes d’habitudes, des femmes que les maris accompagnaient jusque dans l’isoloir histoire, sans doute de vérifier qu’elles votaient pour le bon candidat. Ce que d’autres assesseurs laissaient faire et ce à quoi j’ai mis fin.
Ce que je leur disais, c’était que le fait qu’elle soit mariée ou non ne me regardait pas. C’était leur vie privée. Ces femmes n’en avaient pas. Elles n’existaient pas sans leur mari. Elles n’existaient que par leur mari. C’était des femmes déjà d’un certain âge.
C’était une époque où on disait encore volontiers : « Toutes des putes, sauf ma mère et ma sœur. » C’était une époque où on se battait encore pour défendre l’avortement. C’était une époque où quand tu allais chez le médecin pour demander une contraception, tu avais quelque chance de te faire passer pour une pute. C’était une époque où le féminisme n’était pas un mouvement vintage mais une nécessité pour une fille qui voulait vivre normalement, c’est-à-dire comme un garçon. Avec les mêmes droits, les mêmes devoirs.

Alors sufragette ? Bon d’accord pourquoi pas. Mais il en a fallu des sufragettes pour que ça avance un peu.

13. Le dimanche 17 avril 2005, 12:46 par jeDblog2

Désolée je commente que ce qui me concerne: pour les devoirs scolaires interdits, il s’agit en fait des devoirs écrits, les enseignants ont parfaitement le dorit de donner des leçons et des choses à mémoriser à la maison. Or il se trouve que dans la réalité, la majorité des parents réclame des devoirs écrits, alors parfois on en donne, et on ne sanctionne pas ceux qui ne les font pas. Je préfere donner des devoirs a qqn qui en reclame plutot que de laisser les parents leur donner n’importe quoi à faire en + .

14. Le dimanche 17 avril 2005, 12:51 par DulceLocura

Je ne sais pas comment ca sera chez vous mais ici au royaume de Belgique, les nouvelles cartes d’identité électronique sont livrées depuis févirer au prix exhorbitant de 15€! Le double de nos ancienne cartes plastifiées sans puce. Ils exagèrent.

Je ne sais pas si vous aurez la même exception que nous mais quand je devrais changer ma carte je ferais une déclaration de vol car alors le prix « descend » à 10€.

Enfin ca fait mal au portefeuille.

En plus, c’est bien con, parce que comme rien n’est encore équipé et que l’adresse ne figure pas sur la nouvelle carte d’identité les heureux(?) possesseurs de celle-ci doivent se trimbaler avec une feuille A4 mantinnant entre autre leur adresse.

En espérant qu’au moins ils feront des trucs intelligent avec cet argent! Parce que si c’est la puce qui coute autant, pourquoi nos cartes de banques sont gratuites quand il faut les renouveler???

En plus ici, c’est tous les 5 ans que lon peut passer à la maison communale pour un nouveau document d’identité. Pffft, j’enrage. Enfin la mienne, j’en ai jusqu’en 2008, en espérant que ca n’est aps trop augmenter d’ici là.

15. Le lundi 18 avril 2005, 01:05 par a n g e l

eh eh tu devrais lire la note d’Alix sur sa carte bleue au nom de sa belle mère ^^

Je suis farouche partisane du nom de naissance et non de jeune fille quelle horreur, à 90 balais, ste honte! Le madame/mademoiselle me fout la gerbe, genre tu te maries, c’est officiel il y a un homme dans ta vie tu deviens UNE DAME! (oui parce que tu baises, hum pardon monsieur te vbaise et fait de toi une lady, faudrait qu’on m’explique) Donc a 45 ans tu as trois enfants, tu es encore une demoiselle si tu n’es pas passé devant le maire.

Pour ce qui est de donner un nom à ses enfants, les miens portent le nom de leur papa, moi je les ai fait pendant 9 mois, je pense que tout le monde est au courant que ce sont les miens ;)

Et en ce qui concerne la CAF, vive l’informatique, en trois mails j’ai réussi à faire changer mon nom d’allocataire de Madame NOMDUCHERI (on n’est pas mariés, ils sont nouilles des fois, là ils me l’ont mis remarque le madame, triple ovation pour la caf) en Mlle MONNOM (je les ai fait douté là uhuhuhu) puis en Madame MONNOM. Oh yes.

Bon ok sur ma fiche de paie, quand je bossais, il y avait écrit mademoiselle, mais je sens que je ne vais pas tarder à me fâcher quad je reprendrais le taf. Surtout qu’aucun de mes parents d’élèves ne m’apellent mademoiselle, mais que c’est con.

Et merci pour cette note, je me sens moins seule :)

16. Le lundi 18 avril 2005, 10:57 par lavomatic

Racontars, tu as un chti mail dans ta boite wanana …

17. Le lundi 18 avril 2005, 14:10 par brio

Akynou, je commence par te présenter mes excuses, parce que c’est vrai, je n’ai pas été très diplomate dans mon commentaire. Pardon pour la volée de bois vert, merci de ne pas t’en être offusquée et d’avoir pris le temps de cette réponse mesurée, qui remet les choses à leur place et à leur époque.

A l’évidence, il a fallu beaucoup de féministes avec des positions parfois radicales jusqu’à l’absurde, pour faire comprendre que l’usage établi et la tradition l’étaient aussi, radicaux et absurdes… et permettre que les choses changent.
La dynamique va plutôt dans le bon sens actuellement, même s’il reste encore bien du boulot pour que les inégalités disparaissent.

Je précise aussi que le mot suffragette n’est absolument pas péjoratif dans mon esprit. C’est sûrement un mot qui ne demandait qu’à sortir, réactivé par le visionnage récent de ce chef d’oeuvre de l’humour british qu’est le film « Noblesse Oblige » avec Alec Guinness.

18. Le mardi 19 avril 2005, 05:36 par oznej

Que Chirac joue au foot ?… J’rigooooooooole !!!

Bon moi, quan dje me me marierai, je prendrais le nom de mon époux.. CA ne me gêne pas..
Je ne ressens aucune perte de personnalité..
Je sais que je suis moi, je ne dispariatrai pas comme ça..
Mon nom de famille, j’ai cinq frères et des neveux pour le perpétrer..

Et comme je suis hyper rétro, je trouve ça super beau de porter le nom de mon mari..
Me marier et garder mon nom de jeuen fille, ce serait comme ne pas être mariée..
Enfin je crois..

Bises

OZ

19. Le vendredi 22 avril 2005, 10:39 par Alix

Merci Racontars, j’ai l’impression quand je parle de garder mon nom de naissance d’être une extra terrestre auprès des diverses administrations. Quand je me suis mariée, ils m’ont refait une carte d’électeur au nom de mon mari, mon sang n’a fait qu’un tour, j’étais furax et suis allée à la mairie leur rendre, tout en leur demandant pourquoi ils prenaient la liberté de faire ce genre de démarches.
Pour les allocations familiales, j’ai aussi lutté, comme toi, mais finalement j’ai obtenu ce que je voulais assez rapidement.
Pareil à l’hôpital, puisque j’avais accouché de ma fille, on me donnait son nom. Incroyable.
Quant à la banque, j’ai du en arriver aux menaces, puisque ils ne comprennent pas les mots quand on leur dit gentiment. Et on me demande: vous êtes toujours ensemble? Ben oui banane, j’ai jamais changé de nom hein.

J’ai l’impression que c’est tellement rentré dans les moeurs qu’il faut s’affirmer d’autant plus.

20. Le samedi 30 avril 2005, 21:39 par Tempete

J’avais pourtant cru comprendre que les administrations avaient pour mot d’ordre de supprimer cette différence entre Madame et Mademoiselle… Enfin, ca prendra du temps…

Par cntre, pour la question de la carte d’identite, de mon desert, personne ne m’avait dit qu’elle etait maintenant gratuite, j’ai donc eu la surprise de la découvrir pas plus tard que la semaine dernière en allant la refaire au consulat local: donc, elle est encore gratuite.

Le passeport sécurise est effectivement un peu plus cher, mais… il est valable 10 ans au lieu de 5 ans. Son prix n’ayant pas double… Serait-il en fait moins cher?

21. Le mercredi 29 juin 2005, 20:56 par babeth

Ah ah ! excellent ! je cherchais la date d’abolition de la notion de chef de famille sur internet quand je suis tombée sur ce site, délicieux à lire…

…et tellement vrai puisque j’ai du moi-meme me battre pour garder mon nom-patronymique-de-jeune-fille quand je me suis mariée !

A croire que ça déplaisait à tout le monde, et que ce fameux tout le monde n’y connaissait d’ailleurs rien puisque j’ai malgré tout réussi !

merci pour toutes ces infos, je reviendrai jeter un coup d’oeil !

:-)

22. Le mardi 13 septembre 2005, 23:49 par tetue

Ben en fait, la loi n’établit pas de discrimination, qu’on soit homme ou femme, on n’a pas le droit de porter d’autre nom que celui de naissance : « Aucun citoyen ne pourra porter de nom ni de prénom autres que ceux exprimés dans son acte de naissance » (loi du 6 fructidor An II, article 1er)

Pour ce qui est de « Madame ou Mademoiselle », idem, aucune loi n’impose qu’on soit appellée « Mademoiselle ». Voir là : romy.tetue.net/article.ph…

23. Le vendredi 4 novembre 2005, 05:29 par Jacques Janssens

Hé bien ! En voilà des informations intéressantes. Dommage que toutes ces modifications arrivent si tard. Francophone, j’aurais préféré porter le nom -francophone- de ma mère s’il n’avait été aussi ridicule (Cajot) alors je me dis que c’est celui de ma grand-mère maternelle que j’aurais dû porter -Fontaine- ou mieux, celui de mon arrière-grand-mère -Maréchal- ou encore de sa mère -André- ou tout compte fait, celui de sa maman -Nolet- et ainsi de suite. Hélàs je ne puis remonter plus haut mais peut-être arriverais-je à une petite fille trouvée dont le nom de famille (?) eut été… Janssens, comme moi ? Et la boucle serait bouclée.

24. Le dimanche 7 mai 2006, 16:34 par marie

40 ans passé,mère,separée , ayant quelques amants et passions : Et me faire appeler mademoiselle, c’est franchement ridicule. Et un tantinet rabaissant, une chose de plus, par rapport aux femmes mariées qui elles sont avec un Homme. Car bien sur, le mademoiselle sous-entend qu’il n’y a pas d’hommes dans dans nos coeurs ou dans nos lits ! Mademoiselle, fait référence aux jeunes, vierges.

25. Le dimanche 7 mai 2006, 16:52 par Akynou/racontars

Marie : Il n’y au aucune règle pour Madame ou Mademoiselle que celles qu’on veut bien se donner. ON a commencé à m’appeler Madame bien avant que je me marie (puisque je me suis mariée en ayant coiffé Sainte Catherine depuis pas mal de temps). Ce qui me gène, c’est quand on me pose la question. Les gens m’appelle comme il veulent, je n’en ai rien à faire. C’est leur problème pas le mien. Mais qu’on me demande « madame ou mademoiselle » est pour moi une intrusion dans ma vie privée qui ne les regarde pas.
Que tu sois mariée, séparée, divorcée, veuve, si tu veux me le dire, tu me le dis. Mais je n’ai quant à moi aucun droit (ni besoin) de le savoir.
On ne pose pas la question aux hommes, pourquoi la poserait-on aux femmes ?
C’est tout. Il ne faut pas être vexée ou se sentir ridicule de se faire appeler mademoiselle. Ça n’a aucune importance. C’est une convention qui diffère qui plus est d’un endroit à l’autre. Si cela te blesse ou t’atteint, ce que tu as un soucis par rapport à ton statut. A partir du moment ou tu l’assumes, ce que dit l’autre, franchement, est-ce si important ?

26. Le mardi 13 juin 2006, 12:50 par Latour

Bonjour,

Je me prenome Lydia je vais avoir 17 ans et j’ai une problème par rapport à celà c’est que pour ma part je ne supporte pas que l’on m’appele constamment la Dame ou Madame ! j’ai ai assez de ses differences entres Madame et Mademoiselle ! a cause de ses bétises de ses differences que cetaines personnes continue a faire et qui sont d’un ridicule autant dire Madame a tous le monde, ce qui me gène c’est que certaines personnes énnervantes disent la Jeune Fille ou la Demoiselle a des personnes de mon age ! alors qu’ à moi ont fait une difference je ne suis plus considerer comme une Jeune fille mais comme une Femme, et voilà que meme mes propre parents s’y mettent eux aussi a dire des J.Filles par ci des Mademoiselle par là ! et à moi ma mère me dit que je suis une Femme et non une J.Fille peut etre eux pense celà car je vie Maritalemment. Mais bon j’en plus qu’assez d’entendre certaines peersonnes idiotes dire La Jeune Demoiselle a des gens de mon Age alors que pour moi il en est tout autre celà me generai pas du tout de me faire appeler la Dame si c’etait pareil pour tout le monde, a cause de ses anneries de differences je me sent vieille et j’en complexe ! et pourtant physiquement je ne suis ni ronde ni tres tres fine, ce qui pourrait justifier quand ont est dans les deux extremes de faire plus que son Age. Je souhaiterai avoir vos impressions sur le sujet et que pensez vous de ses differences que meme mes parents font vis a vis de moi aussi. Personnelemment dans tout celà je m’y perd totalement j’aimerai savoir ce qu’est une J.Fille et surtout jusqu’a quel Age peut t-on etre cataloguer ainsi comme Madame à partir de quel age peut t-on l’empoyer. Encore autre chose de peut etre pas choquant losque j’avais 15 ans quelques personne m’ont demander si j’avais des enfants et encore maintentant bon peut etre que celà est normal puisque je suis en Age dans avoir. Enfin j’en ai aussi plus qu’assez que des hommes de l’Age de mon Père me fasse la cour. La meilleure ce qui a fait deborder le vase, c’est qu’un jours lorsque l’on ma encore dit Madame j’ai eu le culot de demandr l’age que le Monsieur me donner je me suis vraiment accrocher carrement 35 voir 38 ans ! ca fait deux personnes qui me disent celà quand ont a a que 17 ca fait tout drole. J’en ai tou t de me parler avec des proches qui ont rigoler notamment une Dame a qui je me confie qui a l’age de ma mère et qui m’a dit qu’il ne faut pas accrocher a de telles bétises qu’ils etaient completemment aveugle ont m’a expliquer que soient ce sont es gens qui le font expret par jalousie, soit ce sont des Hommes qui font celà pour drager etant donner qu’ils ont la quarantaines il sse disent si je dit celà elle serà pas choquer que je la drague il font semblant de pas voir pour n’avoir rien a ce repprocher. Je ne m’en fai tpas pour ce que l’on m’a dit car je sais que ce que l’on m’a dit arrive a tout le monde et aussi a d’autres gens de 17 ans qu’on doit leure dire la meme chose les gens stupides c’est courrant. Enfin j’en en dit pas mal et suhaiterai avoir vos commentaires, je vous remercie et j’attend vos reponses avec impatience
Lydia

27. Le mardi 13 juin 2006, 23:53 par Akynou/racontars

Lydia : Je suis d’accord avec la dame qui a l’âge de votre mère. Il ne faut pas attacher d’importance à ce genre de chose de la façon dont vous le faites. Ce sont des enfantillages. J’explique souvent à mes filles que plus elles montrent que quelque chose les ennuie, plus les autres feront cette chose.

Que des « vieux » de 40 ans vous drague, c’est très désagréable, je le sais, il m’est arrivé le même genre de désagrément. Il ne faut pas tenir compte de leurs propos.

Maintenant, pour le débat de Mme ou mademoiselle, je ne le posais pas de la même façon que vous. Vous êtes vexée qu’on vous appelle Madame parce que vous pensez que cela vous vieilli. D’abord, cela n’a rien a voir puisqu’en France, une mineure peut se marier avec l’accord de ses parents. Ensuite parce que ce n’est pas une question d’âge. Moi, ce qui me choque, ce n’est pas qu’on m’appelle Mme ou Mademoiselle, quel que soit mon âge, mais que ces deux mots soient encore utilisés dans notre société, qu’on fasse encore une différence entre une femme mariée et une qui ne l’est pas, comme si une femme ne pouvait être considérée que lorsqu’elle était mariée, et pas tout simplement en tant qu’être humain. Donc, je n’ai pas vraiment de commentaires à faire sur votre question.
Réfléchissez à cette question…