L’an passé, je vous racontais comment, dans l’école de mes filles, on avait choisi de parler de la Shoah pour lutter contre le repli communautaire et la cérémonie en mémoire des enfants juifs déportés de l’école qui avait eu lieu.
Tout le monde avait participé à cette cérémonie, enseignants, élus, parents, de tous horizons, de toute nationalité, de toute religion. Oui, de toute religion.
Aujourd’hui, des enfants rescapés des camps, maintenant grands-parents, sont venus une fois encore témoigner de leur histoire. Et un dépôt de fleurs a été fait au pied de la plaque des enfants martyrs. Mes filles m’ont raconté ce soir. Il y avait des images d’un wagon qui avait servi à la déportation. Garance l’a tout de suite reconnu et m’a expliqué ce qu’elle avait retenu de cette journée. Et que j’espère elle n’oubliera pas.
Les enfants sont de grands sensibles, petits et grands, ils voient bien la douleur et comprennent à demi mot l’horreur. Ils la traduisent par des mots parfois, par des dessins plus souvent.
Voici celui que Fella, une petite Algérienne de 8 ans à l’époque, avait réalisé l’année dernière.
Et comme je le disais à Samantdi, les enfants sont notre espérance, toujours…
Le jeudi 27 janvier 2005, 23:19 par Little boy blue
C’est facile de mettre ça sur le dos des enfants…..
Le jeudi 27 janvier 2005, 23:41 par samantdi
L’école de tes enfants a l’air très bien!
Je trouve qu’elle a de bonnes initiatives.
Dans mon établissement, pas mal de collègues n’en avaient rien à faire de cette journée. Leur raisonnement basé sur le : « y’a plus que ça à la télé » est quand même symptomatique … c’est pour ça que je trouve moi aussi que les jeunes représentent une espérance.
Je ne dis pas ça pour me dédouaner de mes responsabilités d’adulte, « Little Boy Blue » mais parce que les enfants ont la vie entière devant eux, ce sont eux qui construiront l’avenir.
Et nous, nous avons un rôle de « passeur », témoigner de ce que nous savons.
Une collègue : « c’est toujours la même chose! »… pour elle, peut-être, mais pas forcément pour une personne de 15 ou 16 ans. Ou même pour des petits. L’exemple de l’école de tes filles montre qu’on peut sensibiliser à tout âge…
Le mardi 1 février 2005, 11:08 par Jazz
On ne met rien sur le dos des enfants, on leur apprend, comme on nous l’a appris, que le monde a connu des tragédies et que nous, eux, leurs enfants devons veiller à ce que les leçons tirées à l’issue des conflits, des guerres, des massacres, des tueries, des affrontements, des égoïsmes et des agissements causés par des égos bouffis soient retenues afin que tout celà ne se reproduise plus.
On apprend bien aux enfants les enseignements de la chimie, de la physique, des mathématiques, des sciences en général, enseignements hérités de longue date pour nombre d’entre eux, afin qu’il n’aient pas à littéralement ré-inventer la roue, redécouvrir la poussée d’Archimède, re-penser le théorème de Pythagore, etc…
Pourquoi ne pas faire de même avec l’histoire ? Quelle cruauté, quelle inconscience, quelle sorte d’indifférence ou de mépris nous motiverait à les laisser se débrouiller seuls pour leur futur alors que nous savons et que nous pouvons partager avec eux, éviter des morts, leur éviter le risque de commettre les méfaits que nous- mêmes et nos parents et leurs parents avons fait avant eux ?
Non, on ne met rien sur le dos des enfants, sauf un bagage pour les aider à mieux vivre leur vie.
On ne leur met rien sur le dos, on leur met dans la tête, et au risque de paraître tyrannique, je dirait même qu’il faut leur enfoncer dans le crâne, comme à nous d’ailleurs.
Sinon, c’est les condamner à reproduire le mythe de Sisyphe, encore, encore et encore, à l’échelle de la Terre entière.