Je crois que le pire noël que j’ai passé, c’était en 1994. J’étais enceinte jusqu’au yeux et j’avais une fièvre de cheval. Je montais à 40 ° en un temps record. Je n’en pouvais plus. J’étais si faible que me lever devenait un exploit et j’avais peur pour mon bébé. Mon gyneco était en vacances et le généraliste que j’avais à l’époque, sachant que j’étais journaliste, passait son temps à me parler des programmes télé. Mais qu’est-ce que j’en avais à foutre des programmes télé moi !

Noël à passé dans la fièvre. Je n’ai reçu quasi que des vêtements de bébé, des biberons, des peluches… Ça commençait bien.

Mon gynéco est rentré et au téléphone, m’écoutant, il a décrété que j’avais une infection urinaire non détectée car elle ne me faisait pas souffrir. Cela faisait quinze jours que je tremblais de fièvre et personne n’y avait pensé ! Un labo volant a confirmé la chose et le temps de trouver la bonne antibiotique, j’étais capable de réveillonner le 31 décembre.

Avec mon homme, nous avons acheté du chevreuil, nous nous sommes fait un repas en amoureux. Il m’a traîné jusqu’aux Champs Elysées où je me suis fait copieusement bousculée. C’est là que je me suis dit que, plus jamais, le passage de la nouvelle année, je le passerai sur les Champs…

Dans la nuit, j’ai eu quelques pincements au ventre. Et j’ai pensé très fort : « Ah non ! Pas maintenant ! Je ne veux pas accoucher ! » Le bébé était prévu pour fin janvier, je n’avais pas pu faire les prises de sangs ni les examens pour la péridurale. Et je tenais mordicus à cette piqûre qui devait m’éviter la douleur. La naissance est une fête, pas une violence. Et je préférais pleurer de joie que de douleur. Le dépassement de soi, et toutes ces fadaises, ce n’était pas pour moi. Il y avait d’autres occasions pour ça.

Bref, je me suis interdit toute contraction. Ça a dû marcher. Je me suis rendormie collée contre le dos de mon Nôm, le bébé en profitant pour lui donner force coups de pied…

Le lundi 2, j’avais rendez-vous à la clinique pour les examens en vue de cette fameuse péridurale. J’habite du coté de Pigalle, la clinique de mon gyneco est près de Tolbiac, pour ceux qui ne connaissent pas Paris, c’est strictement à l’opposé. J’ai donc pris ma voiture et mon Nôm (qui n’a pas son permis de conduire). Le métro, je me sentais pas.

Nous n’avons pas trop attendu. J’ai rencontré le médecin anesthésiste, une jeune femme charmante, qui avait fait son internat aux Antilles et était curieuse de littérature caribéenne. Après les examens d’usage, pendant que nous étions en train de papoter, j’ai ressenti comme une gêne. Je me tortillais sur ma chaise. La doctoresse m’a regardée : « Vous avez une contraction. » Euh, je ne sais pas. Je n’avais jamais ressenti ça avant. C’était ma première grossesse quand même.

Elle m’a fait monter en salle de travail pour me faire ausculter. La sage-femme m’a dit : « Vous pouvez accoucher demain comme dans trois semaines. Ce n’est pas la peine de rester. Rentrez chez vous. »
Notez la délicatesse du bébé qui avait compris mon message du jour de l’an et ne se manifestait qu’après les fameux examens…

Oui, mais voilà, chez moi, c’était loin, j’avais des contractions et il fallait que je traverse Paris en voiture et en conduisant ! Impossible n’étant pas français, me voilà donc au volant de ma petite Fiat Panda en train de respirer comme un petit chien. Quand une contraction montait, Le Nôm sortait à moitié par la fenêtre côté passager et faisait signe aux autres voitures de me laisser passer. Je me garais le long du trottoir, et attendais que ça passe. Puis je repartais vers my home sweet home.

Jamais Traversée de Paris ne fut plus éprouvante et surtout plus longue ! Avec le Nôm, nous hésitions entre rires et larmes. Que j’ai été contente d’arriver dans mon parking. Nous sommes arrivés à la maison épuisés et moi, pas très en forme.

A 23 heures, je n’en pouvais plus. J’ai téléphoné à une de mes amies pour qu’elle me ramène à la clinique. Le voyage a été moins éprouvant mais le moindre cahot me faisait mal. Là, ils n’ont pu que constater que le travail avait commencé. On m’a donc donné une chambre, un spasfon pour que je passe une nuit tranquille.

A 8 heure du matin du 3 janvier, on m’a conduit de nouveau en salle de travail.
 Mon gyneco est arrivé. L’anesthésiste aussi, piqûre dans le dos et elle se calme la douleur… Je ne peux pas vous dire à quel point ça fait du bien. On m’a laissé seule un moment. Walkman sur les oreilles, bouquin à la main, le travail se faisait doucement, tranquillement et moi, je me suis même endormie tellement j’étais bien.

Et puis les choses sérieuses ont commencé. Il a fallu respirer, bloquer, pousser, relâcher. Respirer à nouveau, bloquer, pousser, relâcher… Quel boulot. Accoucher équivaut à courir un marathon, je vous le dis tout net. Et puis la péridurale s’est estompée, j’ai commis l’erreur de ne pas le signaler. Je n’en pouvais plus. Avec les trois semaines de maladie, j’étais vide de force. Le bébé n’arrivait pas à sortir et il commençait lui aussi à fatiguer.

Alors le gyneco a sorti un engin barbare, appelé cuillères ou forceps. Très impressionnant. La péridurale ne faisait plus effet, il fallait sortir le bébé au plus vite. Je peux vous dire que j’ai chanté Ramona. J’ai gueulé comme un cochon qu’on égorge. Mais ça me permettais de pousser. Hurlement de la mère qui donne la vie auquel a fini par répondre le hurlement d’une espèce de petite chose violette qu’on a posé sur mon ventre.

Mon dieu !

Je l’ai attrapée et je l’ai tirée vers moi. J’ai mis longtemps, très longtemps à comprendre que les cris qui disaient : « Attention au cordon » m’étaient destinés. Mon bébé était là et plus rien ne comptait au monde.

Aujourd’hui, mon bébé à 9 ans. C’est une petite jeune fille délicieuse. Bon anniversaire ma Lou d’amour

 

Le samedi 3 janvier 2004, 13:19 par mélisande
alors, bonne anniversaire à Lou ;-)

Le samedi 3 janvier 2004, 13:47 par tgtg
heureux anniversaire :-)

Le samedi 3 janvier 2004, 14:06 par Lilith
Bon anniversaire Lou. :o)

Le samedi 3 janvier 2004, 14:15 par rape me my friend
j’innove
bon anniversaire lou :p

Le samedi 3 janvier 2004, 14:16 par rape me my friend ou prosthétics
j’innove
bon anniversaire lou :p

Le samedi 3 janvier 2004, 14:22 par boblebidibul
Bon anniversaire !
Et quel premier joli sourire!

Le samedi 3 janvier 2004, 14:26 par choupitok
waaa quelle belle histoire !!!! :)
Bon anniversaire !

Le samedi 3 janvier 2004, 14:34 par I&D
Bon anniversaire mademoiselle Lou… et encore une fois Racontars, tu me fais l’effet d’être Wonderwoman !

Le samedi 3 janvier 2004, 18:46 par kanaylelol !
souvenirs souvenirs ! bon anniversaire à Lou !

Le samedi 3 janvier 2004, 20:56 par falo à racontarst
u reste une super nana , racontars : bravo!
lou etait un zoli bébé , elle est devenu un zoli jeune fille..alors joyeux anniversaire Lou !!!!!! 
bisous a vous;-)

Le dimanche 4 janvier 2004, 12:39 par yolima
Oh, oh, oh, quelle histoire. Le photo du petit bébé me donne des larmes. Elle était tellement précieuse. 
Heureusement tout était bien au fin en maintenant Lou c’est un grande fille jolie et forte.
Bon anniversaire encore.

Le lundi 5 janvier 2004, 16:08 par oznej
Elle est trooooooop belle !!! 
Quelle joie pour moi de lire ce texte aujourd’hui…. 
;-)
OZ

Le lundi 5 janvier 2004, 18:16 par LuLu /O-O/
encore un témoignage vibrant d’émotion !!! j’ADORE. une très bonne année à toi et toute ta famille raconteuse… 
Sinon comment dit-on bonne année en créole ??… « bonne année » ? bon ben j’ai l’air fin ;)