Vous avez des enfants vous ? Moi, j’en ai trois, trois merveilles. Les plus beaux enfants du monde bien sûr. Mes amours à croquer, à boulotter, à mignotter. Je suis boulimique de mes bambines.
Bon, ça c’est le côté calin. Mais il y a aussi le coté obscur. Les deux dernières passent leur temps à se chamailler, je passe donc le mien à les engueuler. Chez nous, c’est pas la maison du silence mais celle de l’hurlance… Quant à l’aînée, qui s’achemine gentiment vers la période pré-ado ( de mon temps, on disait l’âge bête, exquis), elle se sent mal aimée, et se pose des questions existentielles graves. Elle est encore un peu jeune pour ça. Mais elle est précoce…
A deux ans et demi, déjà, elle me demandait de sa petite voixc fluette : « Maman, je suis de quelle couleur ? » Qu’auriez-vous répondu vous à une gamine de cet âge ? Hein ? Je m’en tirée, pas très glorieusement, en lui retourant la question : « De quelle couleur te vois-tu ? » Nous avons fini par opter pour la couleur sapotille. encore que ne n’est pas tou à fait exact…
Faut dire que cette histoire de couleur me poursuit. Enceinte de ma deuxième, tout le monde l’imaginais comme son aînée, brunette au cheveux frisés, peau très mate, yeux noirs. Elle a les cheveux frisés, oui. Mais elle est rousse aux yeux verts. Enfin, l’un est vert, l’autre est plutôt marron.
Heureusement qu’elle ressemble à son père. Sinon, qu’est-ce que j’aurais entendu. Certains ne se sont pas gênés pour faire, devant les enfants et mon mari, des réflexions du genre : « C’est le même père ? » La délicatesse incarnée.
Du coup, enceinte de la troisième, on ne me demandait plus que : « Alors, de quelle couleur tu vas nous la faire celle-là. » Rose avec des étoiles vertes bien sûr. Ça me changeait à peine des « Encore une fille ? » Eh oui, encore une fille. J’aime ça, moi, faire des filles…
Alors, de quelle couleur est-elle ? Ben, différente. Même la couleur de ses yeux est indéfinissable : entre le gris, le beige, le doré et le vert. Allez vous y retrouver dans tout ça.