Samedi matin, à peine réveillée, j’ai été chercher la voiture que nous avions loué. Une bonne surprise… Opel zafira neuve (7 kilomètres). Les Français apprécieront. Grand, bleu foncé, confortable, lecteur CD, radio… Des sièges qui maintiennent là où il faut, bref, une merveille…
Je reviens à la maison, on descend les bagages, les filles sont excitées comme des puces. Léone saute sur place, impossible de lui enfiler son blouson. Garance fait quinze fois l’aller-retour entre sa chambre et la porte d’entrée, Lou a son manteau depuis déjà un bon quart d’heure et piaffe d’impatience…
Dans l’ascenceur qui descend, Lou me demande à quoi ressemble la voiture… Je ne dis rien exprès. Mais quand les trois la voient, elles n’en peuvent plus. Léone accoste tous les passants pour la leur montrer, Garance grimpe dedans aussi vite qu’elle le peut et Lou se marre. Je ne pensais pas que mes filles étaient si accro voiture…
Nous embarquons les bagages, les filles, nous mêmes et nous voilà partis.
Dans Paris, la circulation est impeccable. Mais à la sortie, ça se corse. C’est que c’est départ en week-end mais aussi en vacances, celles de printemps. Le ciel est bleu, le soleil brille, tout va bien, on ne s’impatiente pas trop. Et surtout, j’ai choisi quelques bons CD et on a de la bonne musique. Nous voilà partis pour les premiers 620 kilomètres.
Ma mère chez qui nous allons habite à Tarragone, en Espagne. A ce moment là, je croyais que cette ville était située à 50 kilomètres de Barcelonne (JO 1992), au bord de la Méditerranée. C’est à peu près à 1 200 kilomètres de la maison. Pas du tout envie de me payer ça d’une seule traite moi. Et d’ailleurs, j’ai loué une voiture exprès pour faire des escales chez des amis. Sinon, j’aurais pris le train. Nettement moins fatigant.
Les 620 premiers kilomètres donc, doivent nous mener chez une de mes plus anciennes amies. On se connaît depuis vingt ans au moins. Elle a épousé un architecte installé dans le Tarn et Garonne et vit dans une grande et sublime maison en rase campagne. Elle s’ennuit un peu beaucoup, la campagne ce n’est pas sa tasse de thé.
Jusqu’au péage, les voitures sont pare-chocs contre pare-chocs et avancent à 10 à l’heure. On n’est pas arrivés dans ces conditions. Heureusement, passé le péage, ça se dégage et on peut avancer. Pendant une semaine, je me suis auto-motivée : « Je ne dépasserai pas les limites de vitesses autorisées… » Mais avec cette voiture, il y a des fois ou sans m’en rendre compte j’arrive tranquille à 160 km/heure…
Vers 14 heures, nous décidons de nous arrêter pour la pause déjeuner. Le vent est glacial et le ciel couvert. On décide quand même de sortir de la voiture. On sort les pulls, les manteaux… pour manger nos sandwich au jambon. Mais on ne s’éternise pas, trop froid… Nous sommes arrivés chez les amis vers 18 h 30, tranquilles. Et bien contents d’arriver.
Les filles partent très vite avec les enfants de la maison, un garçon et une fille de 8 et 6 ans… Nous, nous commençons à nous installer. Ma copine prépare le répa et l’apéro… Quand son mari arrive en courant le doigt ensanglanté. En plantant un piquet, celui-ci a explosé sous la masse et lui a sérieusement entaillé la chair. Ma copine l’emmène illico presto à l’hôpital et me voilà en charge des 5 enfants à faire dîner et à faire patienter…
Heureusement que nous étions arrivés. Les enfants restaurés, je les ai poussés vers les pyjamas, puis vers leurs lits. Mes filles étaient crevées par tant de kilomètres. Les autres ont des horaires hyper précis. il paraît que le moindre manquement à cet horaire les perturbe totalement. Je soupçonne surtout ma copine vouloir profiter de soirées tranquilles…
D’ailleurs, elle rentre avec le blessé qui s’est fait recoudre le doigt. Sept points de suture qui ne ralentiront pas son rythme pendant tout le week-end. Ils l’empêcheront juste de laver ses voiles (c’est un marin émérite) dans la piscine (oui, parce qu’en plus de la maison sublime située dans une jardin immense, ils ont aussi une piscine…).
Nous sommes restés chez eux jusqu’au lundi matin. Il faisait un temps superbe : grand soleil et chaleur. Un vrai bonheur. J’ai pris plein de photos de la maison et du jardin. Arbre de Judée, fleurs de cognassier, glycine… Le jardin explose de fleurs. Les vergers (des pruniers) aux alentours aussi… Le printemps, le vrai.
Nous avons pris la voiture pour aller quelques kilomètres plus loin voir une vieille grange et deux maisons qu’ils ont achetés histoire de les transformer en gîte. Ils ont du pain sur la planche, mais ça sera super beau. Ils ont aussi prévu l’emplacement de la piscine. A voir comment ils ont retapé et refait leur maison, on imagine que la nouvelle sera vraiment sympa… Mais bon, tout le monde n’a pas non plus un mari architecte de talent… Près de la grange il y avait un bosquet de lilas en fleurs. On le sentais à quinze mètres.
Lundi matin, on repart très tôt le matin car il faut arriver avant 17 heures à Tarragone : ma mère a rendez-vous chez son médecin. Et nous avons à peu près 600 kilomètres à faire encore… Le temps est toujours magnifique. L’autoroute suit le canal du midi. Nous passons tout près de la maison de Flo. Mais pas le temps de nous arrêter. Et puis nous arrivons au bord de la mer, les filles à l’arrière sont surexcitées.
Cap au sud, vers l’Espagne. Nous faisons halte pour déjeuner juste avant la frontière. De là, nous voyons d’un côté la mer, de l’autre la chaîne des Pyrénées et le Canigou couvert de neige. La montagne de neige disent Léone et Garance. Nous dégustons les gourmandises achetées dans une coopérative d’agriculteurs, bon, bon bon. Et nous voilà repartis. Là, je me rends compte que Tarragone est à presque 100 kilomètres après Barcelone et que le temps nous est compté…
Le temps se couvre au fur et à mesure que nous descendons dans le Sud. Il ne fait plus vraiment chaud. Les kilomètres défilent. Comme d’habitude, les 30 derniers me semblent les plus longs d’autant que le réservoir est presque vide. Je ne veux pas faire d’essence sur l’autoroute, beaucoup trop chère… Nous arrivons sans encombre jusqu’à Tarragone, puisque jusqu’au pied de l’immeuble de ma mère, et ce, sans nous perdre (un exploit tant la ville est labyrinthique. Je téléphone :
– Où êtes-vous ?
– Sous ta fenêtre…
Je ne sais pas si les filles sont plus heureuses de retrouver leur grand-mère ou de descendre enfin de voiture. Moi, je suis crevée. Nous nous installons puis je m’affale sur le canapé. Faudra pas m’en demander plus ce soir… Je suis juste contente d’être arrivée.