9 février 2006.
Le jour où la voiture arrivaAllez, encore une matinée sans voiture. La dernière, je l’espère. De toute façon, si ce problème n’est pas réglé aujourd’hui, tant pis, j’essayerai d’en louer une. L’argent que j’avais mis de côté pour les activités des filles passera ailleurs mais, au moins, pourrons-nous aller nous promener, à la plage, faire des courses. Et puis voir le carnaval, pas comme dimanche dernier… J’ai repéré plusieurs excursions qui devraient être faisables si le temps veut bien virer au beau.
Hier après-midi, j’ai bronzé sur la terrasse en lisant mon bouquin sur Franco. Cela a quelque chose de déprimant de lire les propos du dictateur pendant les vacances, l’été. Mais j’imagine que cela serait déprimant n’importe où. Même s’il s’agit d’une biographie imaginaire, elle est suffisamment bien documentée pour que ce petit personnage, revanchard et dangereux, me consterne par son esprit borné, mesquin, jaloux et sans aucune, mais alors aucune, grandeur d’âme.
S’il s’agissait de nous rafraîchir la mémoire, c’est réussi. Je me souviens des premières fois où j’ai été en Espagne, ces années de plomb : la jeunesse était muselée, des indics partout, la menace permanente du service militaire punitif pour les garçons qui auraient eu la velléité de se mêler de politique (sauf si c’était pour s’engager dans la phalange, bien sûr). Me reviennent du coup une certaine tristesse, un poids, comme une enclume sur l’estomac. J’ai failli arrêter ma lecture, passer à autre chose, tant la grisaille et la mesquinerie de l’époque semblent redevenir bien réelles.
Tout le contraire d’ici. Le soleil est généreux, la végétation est généreuse, les couleurs tout autant et les gens… Les gens aussi bien sûr. La pluie aussi hélas ou tant mieux. Nous sommes en pleine période des alizés, ce qui rend la température plutôt agréable, mais amène également de nombreux nuages pleureurs, aussi vite partis qu’ils sont arrivés. Sauf dimanche dernier, où il a plu toute la matinée et le début de l’après-midi. Le soleil ne s’est imposé que vers 15 heures, pour les vidés. Il voulait faire carnaval sans doute. Enfin, nous, nous étions consignées à la maison, alors qu’il pleuve ou qu’il vente…
Pour voir d’autres photos, vous pouvez vous rendre directement sur l’album photo… Je certifie par ailleurs que les couleurs n’ont pas été modifiées ni photoshopées…
1. Le mercredi 1 mars 2006, 14:02 par luciole
la lecture du premier tome de franck et vautrin me fait un peu cet effet là avec la montée nazi en allemagne… C’est pourtant un livre divertissant d’aventure et d’espionage, mais le décor de fond très bien décrit me donne des frissons, des frissons pour ce que nous vivons à bien des égards aujourd’hui… Des lectures qui invitent à la vigilence.
2. Le mercredi 1 mars 2006, 14:08 par Anne
Quel contraste en effet…
3. Le mercredi 1 mars 2006, 15:47 par samantdi
Cette période franquiste est très présente dans mon esprit, ici beaucoup de voisins étaient des réfugiés républicains espagnols. Quand je vois l’évolution de l’Espagne, c’est réconfortant, mais n’oublions pas que plusieurs générations ont été sacrifiées. Le pays de la Movida et du mariage entre homosexuels a aussi été celui du garrot, de l’intégrisme catholique, d’un dictateur fasciste, un pays où les femmes étaient en noir, je me souviens moi aussi…
Suspense : la voiture sera-t-elle finalement réparée ?
4. Le jeudi 2 mars 2006, 17:29 par Jazz
J’évite de lire des livres déprimants pendant les vacances (et en général), ça me fiche le moral en l’air en moins de deux.
Mais avec la verdure des grands-fonds arrosés copieusement par les ondées tropicales, j’imagine que tu repars comme en 40, ou plutôt, comme en 78 !