13 février.
Au royaume des fleurs 1On m’a souvent vanté les mérites du jardin de Valombreuse sans que j’y aille jamais. Ce matin, j’y emmène les filles. Un peu de botanique locale ne leur fera pas de mal. Cet après-midi, nous essaierons de trouver une cascade accessible où nous baigner. Probablement celle de Vauchelet, près de Goyave. Nous préparons nos chaussures de marche, les maillots de bains et les serviettes. Je fais cuire des plantains et des saucisses de Francfort pour le pique-nique du midi. L’avantage, sous ce climat, c’est que les plats chauds ne refroidissent pas. Nous prenons la route après avoir fait un peu de ménage pour effacer au maximum les traces de notre passage, ce qui n’est pas facile vu que les filles, surtout Lou, sont totalement et complètement bordéliques.
Juste avant le départ, Lou a été discuter avec Lina, la cousine, à propos de groupe de carnaval. Elle aimerait bien intégrer Mas Ka Kle. Pas de soucis, a répondu cette dernière. Je te parraine. Mais il me faut deux photos d’identité, deux enveloppes timbrées, 15 euros pour l’inscription. Et que tu viennes ce soir avec moi à la réunion. Rien d’insurmontable jusque-là, la réunion étant à 19 heures, nous devrions être à l’heure.
Je connais par cœur le chemin qui mène à Petit-Bourg. Ma belle-mère y a plusieurs membres de sa famille que j’apprécie beaucoup. Nous arrivons à Valombreuse et je découvre, ravie, que le domaine possède également une cascade, sympa, dans laquelle nous pourrons nous baigner. Donc découverte de la flore le matin, pique-nique sur l’aire consacrée à cette activité puis expédition à la cascade, le programme est alléchant.
Le domaine de Valombreuse est réputé pour sa production de fleurs qu’il expédie dans le monde entier. On peut d’ailleurs, après la visite, commander un bouquet qui sera livré à l’aéroport juste avant son départ. Où commander par correspondance…
A l’entrée, des espèces de totems nous souhaitent la bienvenue, puis nous descendons une petite route bordée d’arbres
immenses et de siguines, ces philodendrons aux feuilles gigantesques. Après un carbet où l’on peut voir toutes sortes de graines et découvrir leurs noms (j’ai tout oublié), nous ignorons le jardin des bonsaïs (ils ne me fascinent pas du tout) et nous arrivons dans les serres des orchidées.
Autant le dire tout de suite, je suis déçue. Il n’y a pas beaucoup de fleurs. Il s’agit surtout d’orchidées sauvages telles qu’on peut les découvrir dans la forêt. Ou de Spathoglottis plicata, une des rares à être plantée en pleine terre. Et puis mon cochon d’appareil photo ne veut pas faire l’appoint. Mais comment enlève-t-on cet autofocus de m… Dans la serre suivante, je découvre ce que ma mère appelle des plantes grasses et qu’elle trouverait très bien dans son appartement. Ici, ce sont des plantes exubérantes, à la gamme de verts absolument extraordinaire.
La griffe du diable
En suivant le chemin, nous arrivons dans la zone du jardin de M. tout-le-monde. Je reconnais plein d’arbres que je peux voir effectivement chez mes beaux-parents ou ailleurs. Notamment le kapok ou fromager. Que n’ai-je lu sur cet arbre à la mauvaise réputation. Ne dit-on pas que les soucougnans, ces hommes et ces femmes qui se transforment en monstre la nuit pour aller emmerder les autres humains, s’y cachent pour se changer.
C’est en tout cas un arbre colossal (il me semble avoir lu qu’il est de la même famille que le baobab), aux racines énormes. Celui-ci est totalement colonisé par une liane qui donne de très belles fleurs rouges, la « griffe du diable ». Je craque pour l’arbre du voyageur, cet éventail géant qui est un de mes « pie bwa » préférés et un Pandanus sanderi aux racines impressionnantes.
A côté, les foufous (colibris) se cachent dans les feuilles et les fleurs des hibiscus. Je peste à nouveau car mon autofocus me fait encore des siennes. Lou, avec mon vieil appareil photo, réussit des clichés bien meilleurs que les miens car nets, eux.
Le parc est organisé autour de 9 à 10 grands thèmes. Nous découvrons la mare aux canards dans laquelle une tortue s’entraîne à la natation. Deux de ses congénères prennent le soleil sur une roche dans un autre petit plan d’eau décoré d’une cascade entièrement fabriquée, en résine, de la main de l’homme. Kitschissime.
A côté, il y a un petit enclos (appelé pompeusement ferme), dans lequel nous pouvons entrer pour observer quelques animaux. Ils ne sont pas très propres, mais ne sont pas non plus miteux. Les filles s’approchent ainsi d’un âne, de cabris (ça, elles ont l’habitude, il y en a à la maison), de paons, d’oies (enfin, on n’approche pas trop là quand même), de canards, de poules et de coqs de toutes sortes …
Léone manque défaillir tant ses petites narines sensibles de gosse des villes supportent mal l’odeur. Nous ne nous attardons pas. Le spectacle est ailleurs, tout autour. Partout de superbes fleurs de balisiers, de magnifiques héliconias, et des roses de porcelaine en veux-tu en voilà. Des impatiens aussi, des sanguinaires, des bégonias, des fleurs de corail, des alamandas roses ou jaunes (très poison paraît-il. Il y en a dans tous les jardins ou presque, mais tout le monde s’en méfie).
Nous ne sommes malheureusement pas à la meilleure saison. Il en manque beaucoup à l’appel.
Nous traversons le jardin médicinal créole. Certains noms vernaculaires nous font hurler de rire tant ils sont explicites. Il y a là toutes les herbes pour préparer des filtres d’amour imparables. Mais aussi pour soigner nombre de maladies. Il faudrait que je revienne et que je prenne des notes. L’herboristerie a encore ici beaucoup d’adeptes. Liliane soigne bien des maux par des tisanes qui sont drôlement efficaces. Cela ne l’empêche pas de consulter un médecin quand le besoin s’en fait sentir, il ne faudrait pas non plus la prendre pour une andouille arriérée et rétrograde. Mais elle prend beaucoup moins d’Aspirines que vous et moi.
« Wouarf ! Ma mère en short…
– Bon ça va Lou, un peu de respect quand même… »
Nous terminons la visite par les volières. Il y a là de nombreuses poules aux looks insensés : rasta, beatnik, chanellissimes. Très amusantes mais les autres visiteurs ne les voient même pas. Ils passent à toute allure. Sur le guide, il y avait marqué : faire le jardin de Valombreuse, alors ils font le jardin de Valombreuse, au pas de course, sans rien expliquer aux enfants, sans s’arrêter sur la beauté de certains oiseaux… Tu parles d’un intérêt.
Lou et moi prenons notre temps. Du coup, nous découvrons, cachés dans la verdure, des petits perroquets aux couleurs chatoyantes, des perruches huppées, des tourterelles, des ramiers, des inséparables et nombre d’oiseaux que nous serons bien en peine d’identifier, mais après tout, qu’importe. Ils sont si beaux.
Pendant ce temps, Léone et Garance ont découvert l’aire de jeux et s’en donne à cœur joie. Je les appelle pour déguster le jus de fruit offert par la maison, mais hélas pas fait par elle. Ça manque de charme. Pour compenser, un petit sucrier vient s’installer sur le dossier de la chaise à côté de moi et nous fait la conversation. En fait, il attend qu’on déguerpisse pour rafler les miettes qui sont sur la table. Désolée, mon vieux, nous n’avons fait que boire…
Nous quittons le jardin pour déjeuner. Enfin ! Je suis affamée ! Il est interdit de manger dans l’enceinte du jardin, mais à l’extérieur, juste devant l’entrée, il y a quelques tables et des chaises et même un distributeur de boissons. Je prends un Coca pour le ventre de Léone qui continue à manquer d’appétit et un zordinaire, la limonade à l’anis emblématique des Antilles, pour les autres. Les bananes et les saucisses descendent bien. Sauf, bien sûr, pour Léone, qui chipote. J’insiste un peu. Nous avons de la marche à faire, je voudrais qu’elle tienne le coup.
Comme je ne peux pas tout illustrer, les liens mènent à mes photos sur Flickr. Si vous passez la souris sur les mots en gras, une illustration apparaîtra. Mais vous pouvez aussi vous rendre directement sur l’album photo…
1. Le jeudi 9 mars 2006, 10:36 par Eor
mouarf mouarf mouarf !!! tres bon la legende de la photo de Lou!!! Si tu ne l’avais pas mise, je n’y aurais pas pensé!!!!
La suite la suite!!!!!
2. Le vendredi 10 mars 2006, 09:04 par Anne
Je ne devrais résolument pas venir ici le matin, le contraste avec la vue de mon bureau en devient par trop saisissant…






