Mercredi 22 février.

Port-Louis, one again 3

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En attendant, je nage entre deux eaux, là où la température est la plus chaude et je scrute la plage dans l’espoir de trouver de jolis coquillages pour le costume de carnaval de Lou, mais il n’y a pas grand-chose. Cette année, je ne trouve rien : pas de porcelaine, pas de petits lambis. Que des morceaux de coquilles inexploitables ou des coquilles de palourdes. Bah, on va faire avec. De toute façon, il ne faut pas que ça soit trop gros pour tenir collé. Je privilégie tout de même ceux qui sont percés car ainsi je pourrai les coudre. Ils n’en tiendront que mieux.

L’heure passe, trop vite. La lumière commence à décliner. Il est bientôt 3 heures, puis 4. Cela va bientôt être le temps des yenyens. Il faut se replier. Je sors les bouteilles d’eau douce pour rincer tout le monde. Les filles montent tour à tour sur la table, se déshabillent. Elles se frottent énergiquement pendant que je fais couler sur elle l’eau chauffée par le soleil. Quand elles sont propres, habillées, je les porte jusqu’à la voiture pour qu’elles ne se remettent pas du sable dessus. Sauf Onélie, qui est tout de même un trop gros bébé pour moi. Pour moi, l’opération est plus compliquée. Je ne peux tout de même pas me mettre toute nue. Il y a du monde qui passe. Enfin, je me débrouille et nous partons bientôt. Il est temps, je me suis fait déjà piquer deux ou trois fois. Maudites bestioles.

Mais plutôt que de rentrer directement, je passe par le port. A Port-Louis, à cette heure-là, les pêcheurs sont rentrés. Il y a toujours du bon poisson. C’est bien le cas aujourd’hui. Si je reviens à Paris sans en acheter, le Nôm ne sera pas content. Je regarde les étals. Il y a ces immenses daurades coryphènes, mais ça ne me dit rien. Il y a aussi des gueules rouges, mais ils sont un peu chers. Je choisis quatre beaux perroquets. On me demande si je les veux nettoyés. Ça me fera gagner du temps, me dis-je.

 

Gueules rouges sur le port de pêche à gauche et à droite, les poissons perroquets. Ils sont si beaux que c’est dommage de les manger.

Euh, en fait, c’était une mauvaise pioche. Les deux écailleurs préfèrent faire passer leurs connaissances avant moi et il faudra l’intervention du vendeur pour qu’enfin ils daignent s’occuper de mes perroquets. Il faut dire qu’ils sont payés 1 euros le kilo de poisson, et que les autres ont pris des daurades. Ça pèse plus lourd que mes perroquets qui ne font que deux kilos. D’ailleurs, tiens, c’est curieux, pourquoi m’a-t-il fait payer 4 euros celui-là ? Un par poisson ? ce n’est pas de l’arnaque ça ? Si.

Mais bon, je n’ai pas envie de faire un esclandre. La prochaine fois, je saurai que si les vendeurs sont honnêtes, les écailleurs… Tiens, d’ailleurs, heureusement qu’Onélie est venue me rejoindre. Elle m’a traduit les réflexions des garçons que je n’avais pas bien saisies, évitant que j’attende encore plus longtemps. Ce n’était pas comme ça à Port-Louis auparavant… Malgré tout, je passe un bon moment. Lou jour avec son appareil photo, mitraille les poissons, fait poser Garance qui adore cela. Le soleil déclinant vient jouer avec les mains des écailleurs, les couvrants du sang qui ne coule pas des poissons. Le spectacle me fascine.

Enfin, j’ai mon poisson nettoyé. Nous pouvons prendre le chemin du retour. Léone dort depuis longtemps. Elle a mis sa ceinture de sécurité, entourant également son poupon. Elle nous fait sourire de tendresse. Nous roulons tranquillement vers la nuit qui tombe. Le soleil nous fait un dernier clin d’œil. Je dépose Onélie chez elle. J’avais promis de ne pas la ramener trop tard, elle a école demain. Il est 18h30. c’est râpé pour le feuilleton de Lou, mais je m’en fous. Elle en a pris son parti.

Léone et Onélie, photographiées par Lou

Nous rentrons enfin à la maison. Je montre ma pêche à ma belle-mère qui se demande pourquoi je n’ai pas pris de daurade (ben, je préfère le poisson de roche en fait, je le trouve plus fin). Nous devisons gaiement tout en dînant. Yasmina vient titiller Lou car elle sait que si celle-ci réagit, elle se fera gronder. Je l’attends dans le couloir et la choppe en flagrant délit. Quand je la saisis par la manche, elle n’en mène pas large et elle foutra une paix royale aux filles.

Léone n’a plus envie de dormir. Je l’envoie tout de même au lit, demain, nous avons encore une grosse journée. La terrasse se vide peu à peu. Je reste seule, dans la fraîcheur, à noircir le papier. La quiétude, enfin, moment délicieux que je savoure et fais durer au-delà du raisonnable. Je pars me coucher enfin. Chut, c’est l’heure des rêves et les miens sont curieux en ce moment.

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Bon, comme d’habitude, si vous voulez voir les photos en plus grand, rendez-vous sur l’album photo

1. Le dimanche 23 avril 2006, 22:09 par leeloolene

Ah… les bouteilles d’eau douce qui sont restées à chauffer toute la journée pour se rincer après Port Louis ! J’adore !! Le nombre de fois où l’eau était trop chaude pour se rincer :)) plus chaude qu’un bain… mmmm que c’est bon !!!
Des perroquets… MIAM MIAM MIAM… grillés sur la plage !!! Encore mieux.

2. Le lundi 24 avril 2006, 14:12 par Vroumette

Ah ah, je dois t’avouer que j’adore en version épisode. Mais du coup, j’aurai une question : qu’est qu’ils disaient au juste les écailleurs que tu n’avais pas compris ?

Et puis, je reste sur ma faim et j’aime bien. Mais que sont tes rêves ?