Jeudi 23 février.

Nager et sauter 3

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Le vent est de plus en plus fort. Le sable vole dans tous les sens. Ça devient désagréable. Nous décidons de repartir, maintenant que nous avons vu ce que nous voulions. Je sors au fille mon atout : je leur propose d’aller passer le reste de la journée au saut d’Acomat, une cascade pas très loin et qu’elles ont vu sur une carte postale. L’enthousiasme est immédiat. Nous quittons la mer pour la rivière. Ça va nous dessaler un peu.

Le saut d’Acomat est un endroit magnifique, assez facile d’accès, dans lequel on peut vraiment s’amuser. En plus, j’ai raconté à Lou qu’une année où j’étais venue seule avec elle, nous y avions beaucoup pique-niqué, avec sa tante et sa grand-mère. Elle ne se souvient pas mais, friande de souvenirs d’avant ses sœurs, elle a hâte d’y retourner.

De Malendure, il faut remonter vers Pointe Noire, dépasser Mahaut, ou se trouve la bifurcation pour la route de la Traversée, et prendre à droite (à gauche, c’est le plongeon vers la mer, même les gens mal latéralisés ne peuvent se tromper…) une petite route où est indiqué « Acomat ». Un minibus bloque l’accès.

Visiblement, un de ses passagers discute avec une femme sur le bord de la route. Comme je ne peux tourner, je bloque tout le monde derrière moi. Les gens commencent à s’impatienter. Il suffirait que le mini-bus avance d’un mètre pour que je puisse poursuivre mon chemin. Je klaxonne une fois, puis deux. Mais rien ne bouge devant moi. La conversation se prolonge. Trois ou quatre voitures entament un concert d’avertisseurs sans plus de résultat. Moi, j’ai laissé tombé. Je sais bien comment sont les gens qui font la sourde oreille. Dans leur tort, mais entêtés comme des ânes sur leur position : « Je t’emmerde, t’es pas contente ? C’est pareil. » D’autant que je suis à la fois blanche et immatriculée en Martinique. Double handicap quand j’ai le malheur de tomber sur un imbécile (rare au demeurant). Le mieux, c’est de prendre patience et l’air indifférent : moi, je m’en fous, je suis en vacances, j’ai tout mon temps.

C’est un homme qui attrapera le bras de la causeuse au bord de la route et l’entraînera avec de grand signes, genre « Eh ! tu vois pas que tu emmerdes tout le monde » qui débloquera la situation. Je passe la première et poursuit mon chemin sans un regard, pas même agacé, à l’emmerdante. Très détendue au contraire, je ris à gorge déployée avec les filles.

La petite route serpente dans la montagne. Il y a des cotes impressionnantes, en tout cas qui impressionnent Lou. Impossible de ne pas rétrograder en première. Nous redescendons enfin dans une petite vallée et nous nous garons près d’un petit pont. On ne peut pas s’y tromper, il y a déjà de nombreux véhicules. Nous descendons de voiture, sortons le sac avec les serviettes et la glacière. Plus le sac avec les appareils photos. Je vais porter ces deux trucs et croyez-moi, ça pèse lourd. Surtout la glacière : 2 litres de Coca, 1,5 litre de jus de fruit, 1,5 litre d’eau. Plus la nourriture. J’espère bien que les filles auront suffisamment soif pour que je n’ai pas à remonter tout cela.

Le chemin n’est pas long pour descendre à la cascade, mais un rien escarpé et casse-gueule. Je suis fréquemment obligée de poser ma charge au sol pour passer les obstacles et la reprendre après. C’est galère ce truc. J’aurais pu réfléchir avant de proposer cette excursion aux filles. Je sue, je râle, je n’en vois pas le bout. Et puis si, enfin, j’ai les pieds dans l’eau. Car évidemment, il faut traverser la rivière et grimper sur les rochers pour arriver aux endroits où on peut pique-niquer.

J’en choisi un, mais non, finalement, il y en a un bien mieux en bas. Bon, va falloir descendre la glacière après l’avoir hissée jusque là. Juste à côté de nous, un jeune homme en train d’éplucher de la canne à sucre nous observe. Me voyant bien en peine, il me propose de poser la glacière au bon endroit. En deux bons, c’est fait. J’admire le savoir-faire… et remercie chaleureusement. Il s’incline et reprend son poste d’observation.

Acomat, c’est un saut, une rivière qui a creusé un bassin dans la roche, une grande piscine circulaire. La première fois que j’y suis venue, c’est en canyonning, avec le Bruno qui fait maintenant de l’accrobranche. C’était la fin du périple. On arrosait la roche à côté de la cascade et on glissait comme sur un toboggan pour tomber dans l’eau. Très drôle. Un peu tape-cul, mais vraiment sympa.

Le problème, c’est que suivant les années, les fonds changent. Et avant de sauter ou de plonger, il faut vérifier la profondeur. Je me souviens d’une année ou un cyclone avait totalement ensablé le bassin et il n’y avait qu’un mètre de fond. Parfois aussi, les roches sont déplacées par le courant impétueux qu’il peut y avoir lors des fortes pluies.

Bref, comme partout, il ne faut pas jouer avec la nature. J’ai du mal à retenir Lou qui meurt d’envie de sauter et de plonger. Mais je préfère vérifier la profondeur. Pour cela, une seule technique, je me mets à la verticale, je vide mes poumons et je coule. Si je sens vite le fond, on ne saute pas. Si je le sens plus loin, c’est possible. Si je ne le sens pas du tout, je refais une tentative et je donne le feu vert. Je balise ainsi les différents endroits où les filles peuvent s’amuser.

Car Lou n’est évidemment pas la seule à vouloir se balancer de haut dans la flotte. Garance en meurt d’envie. Quant à Léone, c’est tout juste si j’arrive à la retenir pour lui faire mettre sa bouée en liège. Qui est d’ailleurs celle de Garance. Et qui ne se sentant pas sûre, veut la récupérer. Evidemment. J’organise donc un chacun son tour qui fruste un peu les deux mais évite les engueulades et les crêpages de chignon un peu trop fréquents à mon goût en ce moment.

Et puis j’ai faim. Je me sèche et commence à préparer la bouffe. Sauf que nous avons laissé couteaux, fourchettes et assiettes dans la voiture. C’est tout moi ça. Nous faisons avec les moyens du bord. Nous croquons les tomates et mangeons le jambon et le salami en sandwich. Heureusement, le pain est mou (l’humidité de la glacière) et je n’ai aucun mal à le couper.

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Bon, comme d’habitude, si vous voulez voir les photos en plus grand, rendez-vous sur l’album photo

1. Le mercredi 3 mai 2006, 14:51 par andrem

Liste des revendications.
1°) Un coup de pied bien placé à free et je cesserai de mourir d’apoplexie en attendant tes écrans.
2°) Quand on veut manifester son indifférence, tu as raison il ne faut jeter aucun regard vers l’importune, mais il FAUT qu’il soit très agacé, sinon il compte pour du beurre fondu au soleil de Guadeloupe.
3°) Si le coca est lourd, c’est à cause des bulles.
4°) Voilà une rivière cohérente: pour s’y tremper il faut la traverser à pieds.
Fin des récriminations, début de la baignade. Je me prépare à quatre heures d’attente ( « en attente de akino1fr.free.fr » qu’ils me disent ) pour lire la suite.

2. Le mercredi 3 mai 2006, 15:53 par akynou/racontars

Oui, ici aussi free est d’une lenteur épouvantable. Ça me donnerait des envies de déménager. Imagine, ce que je dois endurer à chaque fois que je mets un post pour le jeu en ligne…