Mercredi 22 février.
Port-Louis, one again 2Nous arrivons à Port-louis. Nous longeons le bord de mer, ce petit boulevard aux lampadaires vieillots et qui ont résisté vaille que vaille à bien des cyclones et notamment Hugo. Cette partie de la Grande Terre a tant souffert cette année-là , elle a mis plus d’une décennie à panser ses blessures.
Nous arrivons à l’anse du Souffleur où nous attend M. le Parcmètre. C’est comme cela que j’appelle le monsieur qui perçoit la taxe parking. Venir à la plage en voiture est effectivement payant. Deux euros par véhicule. Officiellement, c’est donc pour le parking, même si je ne l’utilise pas puisque le coin de plage où nous allons est bien plus loin, sur une langue de sable coincée entre la mangrove et la mer. Mais l’entretien d’une telle plage, longue de plusieurs kilomètres est un gouffre. Je paie donc sans râler, ce qui ne me ressemble pas, car je sais que c’est le prix à payer pour ne pas retrouver des canettes, des gobelets et des sacs en plastique un peu partout.
Nous arrivons enfin. Entre Lou et moi, pour l’emplacement, c’est ma fille qui a eu gain de cause. Je me gare près du carbet qu’elle a choisi. Mais la mer n’est pas directement accessible. La barre rocheuse vient en fait mourir juste à nos pieds. Il faut donc encore faire un détour de quelques mètres pour aller se baigner. Le carbet suivant est déjà occupé, il y a toute une installation et plusieurs voitures garées, mais pas âme qui vive. Nous faisons la même chose. Nous sortons serviettes, glacière et hamac pour marquer notre territoire, nous fermons la voiture et partons nous promener. Un sentier de découverte de la mangrove a été installé ainsi qu’une tour d’observation.
En fait, la zone humide se révèle assez étroite. Entre les racines des palétuviers, nous observons alevins, poissons, crabes c’est ma faute, ceux qui battent leur coulpe avec leur pince plus grosse que l’autre. Beaucoup d’oiseaux aussi, qui nous surveillent et avertissent leurs congénères. Nous quittons la zone humide pour traverser une prairie puis un bois où les arbres sont colonisés par des plantes épiphytes incroyablement nombreuses.
L’un d’eux en est même tombé à la renverse. Arrivées à la tour, nous grimpons les deux étages qui nous mènent à son sommet et découvrons un magnifique paysage. D’un côté la mer, avec au loin, la Basse Terre vers Le Lamentin et Sainte-Rose. De l’autre, la mangrove puis la campagne alentour. Un camaïeux de bleus contre un univers de vert. Magique.
Les deux grandes sont loin de tout cela, elles font l’andouille et ne pensent qu’à se baigner. Nous retournons donc à notre camp de base. Je sors du coffre palmes, masques et tubas. Plus les planches que pour une fois nous n’avons pas laissées à la maison sans oublier les pelles, râteaux, tamis et seaux… Mais les filles laissent tout cela en plan pour courir vers l’eau. Je devrais les suivre, surveiller la baignade… Je rappelle Léone pour lui faire enfiler son maillot bouée, Garance pour qu’elle mette sa ceinture de liège, je les laisse s’échapper et je vais m’installer dans le hamac, histoire de lire un peu. Pas longtemps, je m’assoupis. Je suis réveillée par le chant d’un merle local qui se demande ce que c’est que cette table où il n’y a rien à bouffer. « Ne t’en fais pas, ça va venir », lui dis-je.
Je prends mon attirail et me dirige vers la mer. Je vais essayer d’aller vers la barrière de corail pour voir si c’est plus fréquentable que la dernière fois. Je nage avec difficulté, car le courant est fort. Arrivée sur la zone, je suis désappointée. Les vagues cassent exactement sur la barrière. Il y a plein d’écume ce qui fait qu’on ne voit rien du tout. En plus, c’est dangereux, car je risque à tout moment de me retrouver jetée contre une roche. Je n’insiste pas et rentre. En voulant ramasser un coquillage, je dérange un poisson plat, comme il y en a beaucoup dans la zone.
De retour sur la plage, les filles m’entourent, elles ont faim. Nous retournons au carbet et je sors la nourriture de la glacière. Enfin ! semblent chanter les couples de merles pays qui nous entourent. Enfin ! dit Léone en avalant sa salade (surtout la tomate et le maïs). Bien sûr, les filles regrettent les grillades de leur père, mais je ne me vois pas passer une heure à ramasser du bois puis à allumer le feu. D’autant que n’étant pas fumeuse, je n’ai ni allumette ni briquet. Allez, salade et sandwich, c’est bien aussi, non ?
L’après-midi, comme la semaine passée, j’emmène Garance de l’autre côté de la barre rocheuse. Finalement, on y voit plus de poissons qu’à la barrière de corail. Celle-ci doit être plus fréquentable quand les alizés sont tombés. J’ai donc le choix entre mourir de chaud et voir des poissons, ou profiter d’une température agréable et ne rien voir du tout.
Nos voisins de carbet, une réunion de personnes d’une soixantaine d’année à l’air joyeux ; ce ne sont que rires, plaisanteries, blagues et petits coups de vin. Au moins ne mettent-ils pas la radio de façon à en faire profiter toute la plage. Ils sont plutôt sympathiques. Quand les femmes viennent se baigner, elles prennent soin des filles, leur donne de conseils, les surveille du coin de l’œil. C’est tout juste si elles n’interviennent pas avant moi. Mais c’est souvent comme cela ici. Il y a toujours un adulte pour garder un œil sur la jeune classe, même si celle-ci n’appartient pas à son clan.
Bon, comme d’habitude, si vous voulez voir les photos en plus grand, rendez-vous sur l’album photo…
1. Le samedi 22 avril 2006, 20:44 par Ulysse
Je ne connais pas (encore)la Guadeloupe, à mon grand regret. Mais le tableau est si joliment décrit, que j’ai eu la sensation de vous accompagner cet après-midi.
2. Le lundi 24 avril 2006, 16:41 par andrem
As-tu vu l’évier et le palais?
Faut aussi faire attention à ces calcaires tout découpés en dentelles meutrières par l’érosion chimique.











