20 février 2006.

La surprise 2

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Petite Terre, ce sont en fait deux îlets coralliens, très plats que l’on ne voit pas de Guadeloupe, sauf à grimper à la croix de la pointe des Châteaux. Sur l’une des deux, il est formellement interdit d’accoster. Sur l’autre, on peut pique-niquer et passer la journée. Et même, paraît-il, plusieurs jours au moment des fêtes de Pâques.

La végétation des îlets est rase et sèche, pas très accueillante. La plage, bordée de cocotiers, est sans doute l’endroit le plus agréable. Mais alors super mega agréable. L’eau est d’une couleur et d’une transparence stupéfiantes. Mieux encore qu’une carte postale. Le bateau nous prête masque, palmes, tubas et planches pour les enfants. Cela tombe bien, dans la précipitation, nous avons laissé notre matériel dans le coffre de la voiture. J’ai du mal à trouver ma pointure de palmes. Mais je finis par débusquer mon bonheur et celui de Lou.

Nous nous acheminons vers la plage par groupe de dix. En Zodiac. Le dernier voyage du capitaine et des deux matelots sera pour la nourriture et une table de jardin. Sitôt débarquées, Liliane et moi cherchons un coin de plage à l’ombre. Il ne s’agit pas de cramer. J’enduis Garance d’une bonne tartine de crème. Et je recommencerai plusieurs fois dans la journée. Mais son short remonte et elle prendra tout de même deux superbes coups de soleil sur les cuisses.

Le bonheur si elle veut

Léone et Lou sont déjà dans l’eau, avec leur nouvelle amie rencontrée sur le bateau. Lou n’a pas pour le moment l’envie de me suivre dans l’exploration marine. Elle préfère jouer avec sa nouvelle amie. Je pars donc seule explorer les alentours sous-marins. Et c’est un sacré bonheur. Il y a de quoi voir et s’émerveiller. Près de l’ancrage des bateaux, sur trois ou quatre gigantesques roues de pierre, j’aperçois un mérou. J’en ai vu souvent en plongée bouteille, mais jamais juste avec un masque et un tuba.

Il est accompagné de quelques capitaines de roches des plus impressionnants. On trouve souvent ces poissons sous leur forme juvénile près des plages. Ils sont alors tout petits et leurs couleurs, très bleu d’un côté, très jaune de l’autre, fait la joie des enfants (oh ! le zoli poisson). Mais je n’en avais encore jamais vu de cette taille. D’ailleurs, la plupart des poissons que je verrai ici seront bien plus gros que ceux que j’ai observés ailleurs. Le sable est tapissé de lambis de toutes tailles. J’imagine mon mari se baignant ici, il serait fou : voir tous ces lambis et ne pouvoir en pêcher un seul ! Je ne suis pas sûr d’ailleurs qu’il n’essaie pas… Tchip !

Il y a des oursins blancs, mais assez peu de noirs par rapport à d’autres endroits. Ce qui n’est pas pour me déplaire. Et ça pullule de poissons : des girelles têtes jaunes ou bleues, des chirurgiens bleus qui sont tout jaunes quand ils sont petits, des sardes jaunes, des perroquets tricolores ou vert de taille appréciable, des chirurgiens noirs en veux-tu en voilà, quelques balistes me semble-t-il, mais je n’en suis pas sûre, des régiments de poissons soldats, quelques crevettes fines fines fines. Je ne connais même pas leur nom. Les fonds aussi sont beaux. Mais les palmes étant un peu petites, je commence à avoir des crampes dans les mollets. Je décide de revenir vers la plage.

Le bonheur si elle veut

Les filles ne sont pas sorties de l’eau et continuent de jouer. Liliane se baigne avec moi, puis nous sortons. Je reste une dizaine de minutes à me reposer sur ma serviette. Lou vient me voir et me demande ce que j’ai vu. Je lui propose de venir avec moi. Je l’emmène d’abord voir le mérou. Au même endroit, nous en apercevons effectivement un, mais ce n’est pas le même, il est beaucoup plus clair. Pourtant la taille est équivalente. Je pense à ce chef de service que nous avons surnommé Le Mérou parce qu’il a trois quarts de gueule, un quart de queue. Malgré moi je pouffe et je manque boire la tasse.

Nous refaisons à deux le chemin que j’ai parcouru tout à l’heure. Lou a de bien meilleurs yeux que moi et elle me montre des choses sur lesquelles j’étais passée tout à l’heure sans les voir, comme ce poulpe en train d’essayer de se farcir un jeune lambi. Bon appétit veinard. Nous ne pouvons pas en faire autant. Mais Lou est révulsée.

Je donne le change en lui montrant un oursin totalement blanc, comme nous n’en avons jamais vu auparavant, quelques poissons « papillons bat zié », appelés ainsi car ils ont un gros point noir près de leur nageoire caudale qui peut faire penser qu’il s’agit de leur tête. Je tente de lui montrer un chirurgien bleu entièrement… jaune. Il s’agit en effet d’un juvénile Il deviendra bleu en grandissant ne gardant plus qu’une petite tâche près de la queue.

Mais Lou ne l’a pas vu. Elle me tire par la main et me montre un gros poisson qui nage nonchalamment pas très loin de nous. Je reconnais un poisson coffre, mais je n’en ai encore jamais vu de cette couleur-là. Sa queue est presque toute bleue et des lignes de la même couleur décorent son corps un peu curieux. Ce n’est pas un apollon des mers. Il a une forme tout à fait bizarre qui ferait penser à un sous-marin archaïque sorti tout droit de l’esprit imaginatif de Jules Verne. Il se dirige vers la plage. Ça tombe bien, nous aussi. Nous le suivons donc de près et il ne semble pas en prendre ombrage. Voilà un compagnon bien placide. Mais la distance entre nous ne se rétrécira jamais.

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Comme d’habitude, si vous voulez voir les photos en plus grand, rendez-vous sur l’album photo

1. Le mardi 11 avril 2006, 12:45 par Leeloolene

La chute de ton billet… même si je ne connais pas encore la suite, me fait vaguement penser à ma carangue amoureuse, un mois avant toi au même endroit ;) je ne sais pas si tu avais lu :)
leeloolene.free.fr/index….
Je suis contente d’apprendre le nom des papillons bat zié :) le nom est très imagé et très joli :)

2. Le mardi 11 avril 2006, 13:46 par a n g e l

han
et dire que je suis entrain de faire 4 mois de comptes en retard
venir te lire pendant ma pause est ULTRA rafraîchaissant ;)

3. Le mardi 11 avril 2006, 15:43 par luciole

du rêve, encore du rêve… pffff… nan j’suis pas envieuse du tout!!! Rire!

4. Le mardi 11 avril 2006, 16:34 par clopine trouillefou

ON vient seulement de recevoir, par la poste, le guide des poissons des Antilles, introuvable l’été dernier à la librairie de Fort de France, ce qui nous a valu des conversations impérissables du fait du manque de vocabulaire, du genre :
-et t’as vu le gros bleu près du rocher ?
– Quel gros bleu ? Un avec des points gris ou blancs ?
– euh je dirais jaune
– ha non et les petits rouges tu les as vus
– les rouges ? Euh, quel rouge ?

etc

pour les lambis, on a eu plus de chance. Le Petiot en avait « trouvé » trois gros sur les rochers. En fait, ils avaient été pêchés par des pêcheurs… qui n’ont jamais voulu recevoir le moindre sou de nous et nous les ont donnés tous les trois. Ils sont superbes sur la cheminée ! J’aime passer ma main sur la fente nacrée, si rose et lisse … heum… fait chaud d’un coup, vous trouvez pas ?

Clopine , toute rose elle-même du coup