20 février 2006.

La surprise 1

Toute la nuit, j’ai eu peur de ne pas me réveiller à temps. Autant dire que j’ai vraiment mal dormi. Quand mon téléphone a sonné à 6h45, cela a été presque une délivrance. Souvent, quand je dois ainsi me réveiller à l’aube, je calcule trop large. Du coup, quand le réveil sonne, j’ai presque l’impression que je vais réveiller les enfants trop tôt. Je les laisse alors dormir. Moyennant quoi, je suis en retard. Ce matin ne sera guère différent.

Je prépare les petits-déjeuners et je vais doucement secouer les puces à mes amours tout enchifrenés. Le moins qu’on puisse dire c’est que, malgré la surprise, ce n’est pas l’enthousiasme. Enfin, nous partons. Il est 7 heures passés. Nous sommes censés arriver à Saint-François à 7h30. C’est quasi-mission impossible. Je suis tendue comme la corde d’un violon. Si cela continue, je vais faire une fausse note. J’ai le soleil dans les yeux et le pare-brise est si sale que je ne vois plus la route. Pour ne rien gâcher, nous sommes derrière un engin de travaux publics, bloqués à 20 à l’heure. Enfin, la route se libère. J’accélère modérément tout de même, je préférerais éviter l’accident, les routes des Grands Fonds sont étroites, sinueuses, dignes du rallye corse.

Nous arrivons à 7h45, nous trouvons une place près du lieu de rendez-vous. Nous jaillissons de la voiture et nous nous précipitons.
– Ah ! voilà ma petite famille en retard.
Damned ! nous sommes repérées. Nous sommes les derniers. Les filles et Liliane vont directement au bateau pendant que je règle la facture qui n’a jamais autant mérité son nom de douloureuse : 50 euros par enfant, 75 par adulte. Mais clairement, le jeu en vaut la chandelle. Le catamaran à bord duquel nous grimpons est le plus grand de la Guadeloupe. Il propose des journées vers Marie-galante, ou les Saintes. Pour nous, ce sera Petite Terre, une île déserte sur laquelle j’ai toujours voulu aller. La voilà ma surprise pour mes « ti mouns » une croisière d’une journée sur un magnifique voilier pour aller dans un endroit unique et magnifique.

Le bonheur

Avant de monter à bord, nous nous déchaussons. Nous sommes accueillie par un géant blond qui me rappelle vaguement quelqu’un. Nous déposons nos sacs et nous nous faufilons vers l’avant pour dénicher les quelques places assises qui restent. Nous avons raté le discours d’accueil du capitaine. Mais les autres passagers nous résument le plus important. « Le Paradoxe » mesure 25 mètres. Il peut accueillir 45 personnes (et il fait le plein à chaque départ en ce moment). On peut aller sur les trampolines, mais pas plus de quatre personnes à la fois. La traversée dure environ 1h30.

Le moteur est lancé pour permettre au bateau de sortir du port, puis de la passe. Les voiles sont hissées, le moteur arrêté et nous filons au vent. J’emmène les filles sur le trampoline. Je me tords sauvagement l’orteil et me découpe l’ongle. Je suis si adroite qu’il ne pouvait en être autrement. Du coup, je ne me déplace plus qu’à quatre pattes. Une fois allongé, c’est là qu’on est bien. Très bien même. Les filles sont aux anges. Elles rient tout ce qu’elles peuvent et la première vague qu’elles prennent les refroidit à peine. Je leur suggère de se mettre en maillot de bain et vais porter leur linge au sec. Quand je reviens, une fille de l’âge de Lou les a rejointes. Elles sont quatre. Je n’ai plus accès au trampoline. Je les laisse donc et vais m’asseoir près de ma belle-mère pour ne pas la laisser trop seule. Je n’arrête pas de prendre des photos. Les filles rigolent et hurlent à chaque nouvelle vague Leur bonheur est si évident que le capitaine, en les regardant, a un large sourire.

Le bonheur

Nous dépassons la Pointe des châteaux. Au loin, nous voyons une petite baleine qui saute et plonge. Tout le monde est médusé. Il paraît que c’est la saison. Des croisières sont d’ailleurs organisées pour les observer. Pour nous, ce sera pour une autre fois.

Le temps passe beaucoup trop vite… Nous apercevons déjà notre destination. Une pile déserte certes, mais nous ne sommes pas les seuls à y passer la journée. Il y a quatre ou cinq voiliers qui mouillent dans la petite baie, plus un bateau à moteur. Pas très grave. Nous ne nous gênerons pas vraiment. Avant de débarquer, le capitaine nous donne les consignes. Ce que nous pouvons voir et où Il y a quelques jours, on pouvait observer des petits requins d’une des plages. Il ne faut pas aller nager avec eux. Pas que cela serait dangereux, mais cela les ferait fuir. Nous sommes sur une réserve, il est interdit de prélever quoi que ce soit : ni coquillage, ni plante, ni fleur, ni rien. Et c’est très bien comme cela.

…/…

Bon, comme d’habitude, si vous voulez voir les photos en plus grand, rendez-vous sur l’album photo

1. Le mardi 11 avril 2006, 12:45 par Leeloolene

La chute de ton billet… même si je ne connais pas encore la suite, me fait vaguement penser à ma carangue amoureuse, un mois avant toi au même endroit ;) je ne sais pas si tu avais lu :)
leeloolene.free.fr/index….
Je suis contente d’apprendre le nom des papillons bat zié :) le nom est très imagé et très joli :)

2. Le mardi 11 avril 2006, 13:46 par a n g e l

han
et dire que je suis entrain de faire 4 mois de comptes en retard
venir te lire pendant ma pause est ULTRA rafraîchaissant ;)

3. Le mardi 11 avril 2006, 15:43 par luciole

du rêve, encore du rêve… pffff… nan j’suis pas envieuse du tout!!! Rire!

4. Le mardi 11 avril 2006, 16:34 par clopine trouillefou

ON vient seulement de recevoir, par la poste, le guide des poissons des Antilles, introuvable l’été dernier à la librairie de Fort de France, ce qui nous a valu des conversations impérissables du fait du manque de vocabulaire, du genre :
-et t’as vu le gros bleu près du rocher ?
– Quel gros bleu ? Un avec des points gris ou blancs ?
– euh je dirais jaune
– ha non et les petits rouges tu les as vus
– les rouges ? Euh, quel rouge ?

etc

pour les lambis, on a eu plus de chance. Le Petiot en avait « trouvé » trois gros sur les rochers. En fait, ils avaient été pêchés par des pêcheurs… qui n’ont jamais voulu recevoir le moindre sou de nous et nous les ont donnés tous les trois. Ils sont superbes sur la cheminée ! J’aime passer ma main sur la fente nacrée, si rose et lisse … heum… fait chaud d’un coup, vous trouvez pas ?

Clopine , toute rose elle-même du coup