13 février.
Au royaume des fleurs 2…/…
Une fois le repas terminé, nous allons chercher les serviettes, retournons au parc et descendons vers la rivière, près de l’ancien restaurant. Bon, ce n’est pas un torrent, c’est une petite rivière tout ce qu’il y a de plus sympathique. C’est moins vrai pour les rives. La dame, à l’accueil, m’a prévenu que le chemin serait boueux vu les pluies qui sont tombées ces derniers jours, elle n’a pas menti. Nous pataugeons dans la gadoue, la gadoue…
Nous sommes dans la forêt tropicale, au milieu des arbres gigantesques et des fougères arborescentes. Il fait chaud et très humide. Nous devons traverser la rivière aux endroits indiqués par des cordes, soit une bonne dizaine de fois. Les filles se prennent pour Indiana Jones, se tiennent à la corde pour passer de roche en roche. Je me prête au jeu. Nous nous faisons un cinéma d’enfer. Nous rigolons comme des bossues, sauf Lou qui finit par tomber dans l’eau. Eclats de rire et mine vexée de la doudou mouillée.
Les Indianettes Jones
Léone râle. Elle ne supporte pas l’odeur du sous-bois, marcher dans la boue, se salir. Elle prend son air pincé chaque fois qu’une de ses sandalettes en plastique s’enfonce dans le sol détrempé. Elle est si terriblement citadine. Évidemment, avec tout ça, la demi-heure de marche annoncée s’est quelque peu allongée. Mais lorsque nous arrivons enfin à destination, nous sommes largement récompensées de nos efforts.
La cascade n’est pas très haute, mais très jolie. Elle se jette dans un bassin rond dont les eaux, transparentes, hésitent entre le bleu profond et le vert émeraude. Les filles sont les premières en maillot, les premières dans l’eau, qu’elles trouvent froide. Environ 20 °C quand même. Mais nous avons eu si chaud dans la forêt que l’eau paraît effectivement très fraîche. Garance plonge la première. Léone la suit de près. Il n’y a que Lou qui hésite encore. « Hé ! Comment veux-tu que je te prenne en photo pour que tu puisses frimer devant tes copains à Paris si tu ne plonges pas ? » L’argument est bas, mais il porte. Elle s’immerge.
Je me change rapidement et les rejoins. J’emmène Lou sous la douche de la cascade. Ça l’amuse beaucoup. Léone a pris sa bouée en liège, elle s’installe sur mon dos, je l’emmène à son tour. Elle hurle de rire sous l’eau qui tombe dur.
Reste Garance… Garance nage bien, mais, à son habitude, elle manque de confiance en elle, fait n’importe quoi et s’affole. Je lui passe donc la bouée de Léone et elle se met à nager tranquillement à mes côtés. Elle qui cinq minutes plus tôt avait oublié la nage grenouille brasse comme il faut. Sous la cascade, elle glousse de plaisir.
Photo de Lou
Une autre famille nous rejoint. Ils ont deux filles, plus jeunes que les miennes et crottées jusqu’au menton. Nous nous nettoyons consciencieusement sous la cascade sachant que nous nous recrotterons au retour. D’ailleurs, à propos de retour, Lou me tanne pour accélérer. Elle a peur de louper sa première réunion. Il n’est même pas 16 heures et nous n’avons qu’un quart d’heure de route.
– Oui, mais il faut faire les photos d’identité.
Elle a raison. Nous sortons de l’eau à regrets. Nous nous rhabillons et reprenons le chemin du jardin. Fini de jouer, je guide les deux petites efficacement, nous prenons des raccourcis, descendons carrément la rivière quand celle-ci est praticable (et tant pis pour mes sandales en cuir qui, de toute façon, en ont vu d’autres). Lou batifole devant et continue de jouer les exploratrices. Elle se paie du coup deux magnifiques gadins qui la mettent d’autant plus en rage que je n’ai pas pu m’empêcher de rigoler. «Il faut rigoler, il faut rigoler avant que le ciel ne tombe sur nos têtes… »
Oh, un arbre à cheveux longs
Nous arrivons au jardin très vite, en moins d’une demi-heure et remontons vers le parking. Nous reprenons l’allée des roses de porcelaine. Nous découvrons des passiflores rouges sang. Et nous nous retrouvons dans l’allée des cannas. Ils sont de toute beauté et me rappellent mon enfance charentaise. Ma mère en cultivait dans son jardin. A un endroit, ils étaient particulièrement extraordinaires. C’était à côté des anciennes toilettes, au fond du jardin. Ce qui fait, qu’à l’époque, j’avais une vague méfiance vis-à-vis de ces fleurs qui aimaient tant la merde.
Lou a envie que nous retournions dans la volière. J’expédie les deux plus jeunes sur l’aire de jeu et nous poussons la porte. L’heure n’est pas la même. Les oiseaux semblent plus éveillés, plus vifs. Nous les voyons d’ailleurs beaucoup mieux. Lou me pose quantité de questions auxquelles je suis souvent bien en peine de répondre. Elle n’a toujours pas dépassé le stade du pourquoi. Elle a 11 ans pourtant. Il est vrai qu’elle a de qui tenir, même si moi, je garde mes pourquoi dans ma tête.
Nous sortons enfin et quittons ce jardin où nous avons passé une si bonne journée. La fois précédente, nous avions visité le jardin botanique de Deshaie. Très joli aussi. Mais je préfère celui-là. Il est plus nature et surtout, il est moins conçu pour les touristes et donc plus proche de la Guadeloupe réelle.Et puis à Deshaie, il n’y a pas de balade en forêt ni de cascade… Même Léone a aimé, malgré la boue.
Sur le chemin du retour, nous nous arrêtons à Milenis, le centre commercial pour faire les photos d’identité. Nous cherchons un Photomaton, que nous ne trouvons pas, alors nous nous adressons au marchand de photo. Ça tombe bien. Ma carte a besoin d’être vidée et pour 9 euros, on me met toutes mes photos sur un CD. En une heure… Il faut attendre.
Nous déambulons dans le centre commercial. A la pharmacie, pour Léone qui se plaint toujours du ventre, j’achète du Smecta. Elle en a horreur mais tant pis. Chez Go Sport, j’achète une paire de baskets noires pour Lou, afin qu’elle puisse défiler sans avoir mal aux pieds. Et puis nous léchons consciencieusement les boutiques… Nous trouvons enfin un coin buvette où j’achète un goûter pour les enfants. Je mélange un sachet de Smecta au Coca et je le donne à boire à Léone. Mauvaise blague. Elle adore le soda, mais pas dans cette version-là. Elle le boit tout de même mais avec force grimaces…
Nous récupérons enfin le CD. La jeune femme a réussi à faire tenir le tout sur un seul CD. Ce qui m’étonne au départ. Mais la carte n’était pas tout à fait pleine et surtout, elle n’a pas sauvegardé les vidéos. Ce que j’oublie quand j’efface les cartes. Heureusement, elles n’étaient pas très importantes.
A peine sommes-nous rentrées à la maison que Lina passe récupérer Lou qui a juste le temps de se changer. Je lui prépare un sandwich et elle part. J’ai promis de l’attendre.Je fais dîner les petites puis les couche. Elles ne demandent pas leur reste. Je m’installe sur la terrasse pour écrire et attendre. Mais je finis par aller bouquiner dans mon lit. Mais avant, je vais prendre encore quelques photos. La Lune est pleine et je m’en voudrais de rater ce spectacle. Vers 23 heures, Lou est de retour.Elle me raconte que tout s’est bien passé, me parle des costumes qu’elle doit fabriquer pour les prochains défilés, que tout le monde l’a prise pour un garçon. Chaque nouveau membre est présenté à l’assemblé et on lui demande le rôle qu’il veut avoir.
– Qu’est-ce que tu veux faire ?
– Eh bien, défiler…
– Tu ne veux pas être fouettard ?
– Mais ça, c’est pour les garçons.
– Ben oui, et toi, tu es quoi ?
– Ben une fille ! pffffff
Elle en rit encore. Puis elle se glisse dans le lit, me colle une bise et s’endort très vite. Me reste plus qu’à en faire autant.
Comme je ne peux pas tout illustrer, les liens mènent à mes photos sur Flickr. Mais si vous voulez voir les photos en plus grand, rendez-vous sur l’album photo…
1. Le samedi 11 mars 2006, 15:19 par Moukmouk
Scènes de bonheur, de quoi remplir un album souvenir… Dommage qu’à ces ages on ne puisse mesurer notre chance. grosseslèchouilles
2. Le dimanche 12 mars 2006, 13:38 par alix
c’est très agréable de te lire, vraiment 
3. Le dimanche 12 mars 2006, 19:21 par aude dite Orium
Dur dur!:)
4. Le dimanche 12 mars 2006, 19:29 par Akynou/racontars
Alix, merci. Parfois, je doute.
ça m’encourage.
Moukmouk : oui, l’album aux souvenrs est rempli jusqu’à… J’ai tout fait pour. Y compris me ruiner lol
Aude : c’est quoi qui est dur ?
5. Le dimanche 12 mars 2006, 21:48 par aude dite Orium
les vacances en guadeloupe… surtout quand on y est pas 





