Quand le quotidien est extrêmement compliqué et difficile et qu’on ne peut même pas en parler, il ne reste plus qu’à s’accrocher aux branches et attendre que cela passe en profitant de la moindre petite joie. J’initie donc aujourd’hui une nouvelle rubrique : petit bonheur de tous les jours…

Lou se récite quelque chose. Je l’entends marmonner pendant que je m’active dans l’appartement. Dans ces cas-là, juste pour le plaisir d’être avec moi, elle me suit à la trace : cuisine, salon, cuisine, salon. Elle se plante devant les toilettes quand j’y entre, attends que j’en ressorte. Elle n’a pas forcément grand-chose à me dire. Elle continue de marmonner pour elle-même. C’est souvent sa façon de se réciter ses leçons. Elle est comme moi. Elle a une bonne mémoire et elle apprend par cœur pour ne pas se prendre la tête à essayer vainement de se souvenir quand elle est interrogée.

Elle s’arrête d’un coup 

– Maman, c’est où l’Uranus ?
– On ne dit pas l’Uranus, chérie. On dit Uranus, sans l’article. 

– Ah bon ? Mais maman, c’est où ? 

– Ben je ne sais pas exactement où c’est. Mais si tu veux on peut regarder sur Internet.
– Mais Jean-Marie (son instituteur), il dit que c’est dans le bras, pas loin de la canicule…

J’adore la poésie de ma petite chérie. Quand elle avait 3 ou 4 ans, elle disait que dans le dos, les petites bosses, c’était des collines vertébrales…