Aujourd'hui, gran vidé 1
Bon, eh bien nous n’y sommes pas. Le petit carnaval de Paris, c’est bien. Mais il y en a d’autres… Et ce ne sont pas les Antillais qui me contrediront puisque c’est d’eux dont je vais parler. Evidemment, il y a un somptueux carnaval à Venise, un autre, tout aussi somptueux, au Brésil. Et un très amusant et bon enfant à Dunkerque. Un très rafraîchissant à Québec dont une amie m’a envoyé quelques photos.
Eh oui, ils sont en maillots de bain, ils sont dans la neige, ils sont fous, ils sont Québécois… Mais le carnaval que je préfère, c’est celui de la Guadeloupe…
D’abord, parce qu’il est plus chaud… et puis c’est le plus long, donc, pendant deux ou trois mois, on a toujours une chance d’assister ou de participer à un défilé. Ensuite parce que je le trouve beau et accessible. Parce que les gens sont contents de nous faire participer, de nous montrer ce qu’ils font et de nous expliquer leurs traditions. Et puis parce que la musique pulse. Bref, je vous emmène faire le carnaval à Karukera.
Le premier défilé (vidé) a lieu le premier week-end de l’année. De cette date aux jours gras, qui ont lieu suivant les années fin février ou début mars, il y aura des défilés tous les dimanches. Soit dans les deux chefs-lieux, Basse Terre et Pointe-à-Pitre, soit dans une autre ville. Car chacune choisit une date pour faire son vidé officiel.
Les communes choisissent un thème : les fleurs, la commémoration de l’abolition de l’esclavage (ci-dessous), le tourisme, la canne à sucre, les traditions culinaires. Et chaque groupe y participant doit se conformer à ce choix. Dans les chefs-lieux, en général, les thèmes sont libres.
Pendant la période de l’esclavage, seuls les colons avaient le droit de fêter le carnaval. Les esclaves ont fini par obtenir le droit de faire leur propre fête. C’était pour eux un véritable défoulement. Ils en profitaient pour tourner en dérision leurs propriétaires. Cette tradition de la dérision est restée. Mais les esclaves ont aussi apporté d’autres éléments de leur culture comme les tambours, les masques, les chants,etc. Les fouets aussi…
Après l’abolition de l’esclavage, et jusque vers le début des années quatre-vingt, ont perduré deux carnavals, issus des précédents, de nature et de conception différentes : celui du peuple et celui des bourgeois.
Pour le peuple, il s’agissait de dépenser le moins d’argent possible, en même temps d’oublier la misère et de tout tourner en dérision. Les ti mas, des petits groupes, sortaient le samedi et le dimanche. Et les vidés (défilés) populaires, réunissaient des milliers de personnes qui suivaient les chars ou étaient entassés les musiciens (plus tard, des DJ).
Les communes choisissent un thème : les fleurs, la commémoration de l’abolition de l’esclavage (ci-dessous), le tourisme, la canne à sucre, les traditions culinaires. Et chaque groupe y participant doit se conformer à ce choix. Dans les chefs-lieux, en général, les thèmes sont libres.
Pendant la période de l’esclavage, seuls les colons avaient le droit de fêter le carnaval. Les esclaves ont fini par obtenir le droit de faire leur propre fête. C’était pour eux un véritable défoulement. Ils en profitaient pour tourner en dérision leurs propriétaires. Cette tradition de la dérision est restée. Mais les esclaves ont aussi apporté d’autres éléments de leur culture comme les tambours, les masques, les chants,etc. Les fouets aussi…
Après l’abolition de l’esclavage, et jusque vers le début des années quatre-vingt, ont perduré deux carnavals, issus des précédents, de nature et de conception différentes : celui du peuple et celui des bourgeois.
Pour le peuple, il s’agissait de dépenser le moins d’argent possible, en même temps d’oublier la misère et de tout tourner en dérision. Les ti mas, des petits groupes, sortaient le samedi et le dimanche. Et les vidés (défilés) populaires, réunissaient des milliers de personnes qui suivaient les chars ou étaient entassés les musiciens (plus tard, des DJ).
De nos jours, le carnaval a perdu ce côté vidé auquel toute la population participe. Des chars ont eu des accidents, il y a eu des morts, ils ont donc été interdits. D’où l’émergence des groupes à pied. Les enfants d’abord, suivis des femmes en costume puis des musiciens. À côté de ce mouvement populaire, prenait place le carnaval bourgeois, celui de la ville, des commerçants, etc. Ceux-ci organisaient de somptueux défilés destinés à parader, à se montrer sous son meilleur jour.
Et puis il y avait des groupes comme celui de Saint-Jean (unijambiste et musicien hors pair) à Pointe-à-Pitre. C’était ce qu’on appelle des groupes à viyé nèg (mauvais nègres). On y trouvait les marginaux, les homosexuels, les alcooliques. Tous ceux que la société rejetait. C’était du coup une confrérie très fermée. Ceux qui couraient le carnaval avec Saint-Jean étaient mal vus. Je me serai bien vu à Saint-Jean moi. Mais je ne sais pas si j’aurais été acceptée.
Aujourd’hui, cette différence reste marquée dans le choix des costumes, même si les différences sociales diminuent au sein même des groupes auxquels tout le monde participe. Reste que les « beaux costumes » coûtent très chers, parfois plus de 200 euros. Il faut bien avouer que le carnaval est aussi devenu une affaire économique. Forcément. Je crois pourtant que l’esprit est resté bien ancré, ce besoin de dérision, de se moquer de soi-même, de sa misère. Je crois que c’est ancré chez les gens. Ils aiment rire, ils aiment danser, jeter leurs angoisses, s’amuser.
La suite est LA.





