La famille plonge au Palus
Mardi 15 juillet
J’avais dit assez innocemment à V. et O. que ce serait souhaitable de partir tôt, vers 9 h 30. Résultat, quand ils sont arrivés à la maison, à un peu plus de 9 heures, nous n’avions pas déjeuné. Vu la fatigue, je n’arrive pas à me décider à bouger mes fesses plus rapidement.
Et puis le temps est gris, pas très encourageant pour aller à la plage. Mais ça, ce n’est pas grave. la semaine précédente, quand nous sommes allés à Brehat, le temps était le même le matin, à l’heure de partir. Et ça c’était levé vers les 11 heures, nous avions eu une super bonne journée.
J’arrive enfin à passer la vitesse supérieure, mais au détriment de mon humeur qui se crispe un peu. Je suis fatiguée. Nous embarquons en voiture, nous et nos trois filles, O., V., leurs deux filles et E. que nous emmenons avec nous après moults recommandations de C. en mère éplorée et inquiète. Elle, reste à la maison pour soigner son N. toujours patraque et l’emmener voir le médecin. N. ne fait pas trop la tête de voir sa sœur partir, une journée en tête à tête avec maman, c’est toujours bon à prendre.
Nous prenons notre petite route habituelle jusqu’à Guimgamp, puis direction Lanvollon et Plouha. c’est là que Serge, le propriétaire des chE.ux nous a envoyé en nous vantant les mérite de sa plage. Mais arrivés à destination, ni trace de plage ni même panneau nous donnant une direction. Nous nous égarons, nous perdons O. qui a cru que nous lui avions fait signe de s’arrêter, nous nous retrouvons, puis nous arrivons tout en haut d’une falaise. Nous voyons la plage, loin, très loin, tout en bas. C’est clair, le paysage est somptueux mais nous ne sommes pas sur la bonne route.
C’est égal, nous remontons en voiture et décidons de retourner à Plouha pour déjeuner. J’ai faim et mon humeur, déjà chancelante s’en ressent. Je me sens agressive et chiante. Je sais pas ce que j’ai, mais si je ne me connaissais pas je crois que je me détesterais.
A Plouha, cité balnéaire, pas beaucoup de restaurant. Y a une pizzeria, mais ça ne me dit rien du tout. Je viens pas en Bretagne pour manger italien. On nous recommande un restaurant qui a l’air pas mal, mais entre les locaux et les touristes, il est déjà comble. Le troisième que nous avisons est vraiment trop snob et trop cher pour nous et O. se voit mal débarquer dans cette salle à falbalas avec quatre fillettes passablement agitée et un bébé d’un an…
Bref, rien ne va plus. En regardant la carte de plus près, j’avise la plage et son nom. Plage du Palus. Je me dis qu’il doit y avoir des restaurants là bas. Nous reprenons la voiture. après 4 ou 5 kilomètres (le temps de descendre de la falaise), nous arrivons à Palus où deux crêperies nous attendent. L’une, assez touristique, l’autre plus traditionnelle et, surtout, avec une terrasse couverte d’un auvent, ce qui s’avère nécessaire car il pleumouille…
Nous nous installons donc dans la seconde et je ne regrette pas notre choix. La carte à l’air sympathique. Les enfants prennent des crêpes simples, V., son mari et Ab des crêpes sans viande ni poisson et Le Nom et moi des crêpes à la fricassée de noix de saint-jacques. Le tout arrosé d’un cidre bien entendu.
A l’heure où je vous raconte ce moment, je ne regrette pas mon choix, qu’est-ce que je me suis régalée. Une merveille de finesse et de bon goût. Un plaisir n’arrivant jamais seul, le soleil commence à poindre à travers les nuages. Et quand nous avons fini de déjeuner, il fait grand beau.
Les enfants sont impatients d’aller se baigner. C’est, hélas, marée basse et descendante en plus. Une fois installés, nous parcourons des centaines de mètres pour rejoindre la mer. Les filles se jettent dedans en poussant des cris d’orfraie. Il faut dire, l’eau est fraîche. O., moins frileux que Le Nôm, est le premier des adultes dans l’eau. Moi la seconde. Le Nôm viendra plus tard. Et V. pas du tout. Je ne sais même pas de quelle couleur est son maillot de bain. Elle ne s’est même pas changée. Les enfants font des allers-retours entre la mer et nous, jouent au sable, remplissent des trous, se font des piscines, ramassent des coquillages. E. aime l’eau tout autant que mes filles et n’est guère frileuse non plus. Elle joue avec Lou.
En fin d’après midi, il est temps de sonner le rappel. Par bonheur, il y a une douche sur la plage, nous pouvons rincer les filles pleine de sable et de sel. Souvent, quand nous y pensons, nous remplissons des bouteilles d’eau qui chauffent dans le coffre de la voiture. Cela nous fait une douche toute chaude. Mais là, nous avons oublié. L’eau est glacée, mais il fait tellement chaud que ça fait plutôt du bien.
Nous rhabillons les enfants, nous aussi, nous chargeons la voiture. mais il y a un parc avec des tas de jeux pour les enfants, juste de l’autre côté de la route. Renseignements pris, en plus, c’est gratuit. Les filles nous tannent pour y aller, alors nous cèdons avec plaisir voyant leurs mines de souries satisfaites.
Alors pendant une heure, c’est toboggan, balançoire, escalade, pont suspendu. Le bonheur total. Je n’ai pas sorti mon appareil de toute la journée, trop compliqué de courir jusqu’à la mer avec et ne pas pouvoir le déposer pour enfin me baigner. Mais là, je le sors et je mitraille. A. riant aux éclats à la balançoire, Garance au toboggan, Léone à l’escalade et M., dans sa poussette, aux anges après son goûter. Enfin, nous sonnons le rappel. Tout le monde grimpe dans la voiture et direction la maison de C.
Après, eh bien la soirée habituelle, placotage, mails, kochonland… La vie quoi !