Arrivée à Saint-Nicolas
Samedi 5 juillet
Pas grand chose à raconter du samedi 5. Nous avons fini les bagages, j’ai été cherché la voiture, une golf dernier modèle diesel avec lecteur CD et plein de gadget. C’est bien finalement de louer des voitures. En Espagne, la Laguna que j’avais louée avait 5 kilomètres au compteur. Celle-ci en a 8. Bref, on a chargé la voiture, on est monté dedans et on est parti. A par ça, ben pas grand chose. Il y avait un peu de monde, mais pas trop, juste ce qu’il faut pour se rappeler que nous ne sommes pas seuls au monde et que nous faisons toujours parti du vaste troupeau des migrants d’été.
Ceci dit, il n’y avait pas d’embouteillage non plus. Nous avons passé le péage de saint-Arnoult (ah ! ce fameux péage deSaint-Arnoult…) les doigts dans le nez. Nous avons pique-niqué sur une aire de repos, nous avons roulé, nous sommes arrivés à Rennes, puis à Saint-Brieuc. C’est là que ça c’est corsé (si je puis dire pour un voyage en Bretagne). Entre les indications de Catherine et celles du site Michelin, y avait quelques flous, soit 50 bons kilomètres supplémentaires.
Je ne sais pas vous, mais personnellement, les 100 derniers kilomètres sont mortellement longs. Ceux-ci n’ont pas failli à la règle. J’en avais ras la casquette de conduire.
C. nous attendait dans sa nouvelle maison, Elle y a emménagé avec N., 7 ans et demi et E., 5 ans et demi seulement deux jours plus tôt. C’est encore le chantier. Mais quel boulot elle a abattu. Le premier étage est entièrement habitable. Avant, c’était comme le rez de chaussée. Et le rez de chaussée, aucun d’entre vous ne souhaiterait y vivre malgré la douche et les deux toilettes. Oui, deux.
Bref, pour en revenir à notre arrivée les enfants étaient tous excités. Les miennes de sortir enfin de voiture et de découvrir un endroit inconnu. Ceux de C. de voir arriver leurs copines. Ils sont partis comme des fous dans le jardins. Enfin la jungle tellement la pelouse (sic) est haute. Par endroit, elle me dépasse, c’est dire lol.
Le jardin aurait besoin d’un bon coup de faux, mais on ne peut pas être partout, à la maison et dans le jardin. Le dîner a été aussi l’occasion d’une franche partie de rigolade. Nous avons fait dîner les enfants d’abord. mais il valait car ils ne tenaient pas en place.
Les enfants couchés, nous avons papoté jusqu’à tard dans la nuit, malgré ma fatigue. La route et les dernières semaines qui avaient été mouvementée.
Dimanche 6 juillet
Nous fumes réveillés à 6 h 30 du matin par des enfants fort impatients de jouer ensemble. Les parents ont modérément apprécié. Voire pas du tout. Cinq heure de sommeil, ça le fait pas. J’ai donc édicté une règle. Si les enfants se lèvent trop tôt, ils ne dorment pas assez. Et donc, sieste obligatoire pour tous (sinon, elle n’est requise que pour les deux plus jeunes).
Autant vous dire qu’ils ne m’ont pas plus cru que ça…
En fin de matinée, C. nous a emmené sur un marché des artisans à côté de l’Abbaye de Bon repos. Elle projettent de monter un site de vente de produits artisanaux breton – ce sera sa reconversion après des années de fonction publique européenne – et donc est toujours à la recherche de contacts.
Le lieu est ravissant. L’abbaye est en rénovation. Un superbe bâtisse. Ça m’a rappelé mes voyages en Bretagne quand j’étais gamine. A l’époque, nous habitions dans un petit village des Charente, dont le curé, un ancien père missionnaire, était un breton pur jus et nous emmenait (les enfants du catéchisme) en voyage dans sa campagne natale. Je peux vous dire que nous en avons visiter des Abbaye, et pas en ruines celle-là. Et même encore en fonction. Je n’ai jamais assisté à tant de messes et dans tant d’endroit différents. Et c’est là, pour la première fois, que j’ai vu des moines qui non seulement communiaient en mangeant l’hostie (fabriquée maison et autrement bonne que la blanchâtre que je consommais tous les dimanches dans notre église), mais aussi le vin.
J’en aurais bien goûté. ma demande a d’ailleurs amusé notre curé qui m’a fait comprendre qu’il ne fallait tout de même pas exagérer et que j’étais un peu jeune pour le vin de messe. Ce qui ne m’a pas empêchée, quelques jours plus tard de me prendre une cuite au cidre et de super bien dormir dans le bus. Il faut dire que j’avais un chagrin à soigner, ma sœur venait de me piquer mon amoureux. Eh oui, même les voyage avec un curé ne sont pas de tout repos.
Enfin, à Bon repos, il n’y a pas que l’Abbaye. Il y a aussi la rivière et l’écluse, qui font de cette endroit un paysage d’un bucolisme total. Et puis il y a les producteurs. Le seul stand qui m’a vraiment retenue, c’était celui d’un fabricant de miel. Fritz est un amateur de miel, mais il considère qu’il n’y en a de bon qu’en Guadeloupe. Aussi, je n’ai de cesse que de lui prouver le contraire. Pour finir, nous sommes repartis avec un pot de miel crémeux (mon préféré), trois moutarde à l’ancienne et au miel, un pain d’épice à la noix de coco et… une bouteille de chouchen, le fameux hydromel de nos ancêtres les Gaulois.
Autant vous dire tout de suite que si j’avais été gauloise, je n’aurais pas pu être alcoolique. Le chouchen, c’est franchement pas mon truc. C’est hyper sucré, doucereux même et vaguement écœurant. J’aime bien le miel mais il y a des limites, le chouchen en est une
Nous sommes rentrés déjeuner. Et après le déjeuner, ô vengeance suprême, j’ai mis en application la règle édictée le matin même : tout le monde au lit, et on ne se lève pas tant qu’on a pas dormi. J’ai mis un peu de temps à me faire prendre au sérieux. Surtout par les deux qui ne sont pas à moi : une sieste, eux… Eh bien ils ont fini par s’endormir comme les trois autres. J’ai profité de ce répit pour en faire une de sieste. Ça m’a fait le plus grand bien.
Les enfants sont marrants. Il y a un grand jardin plein d’herbes folles mais ils préfèrent quand même s’agglutiner au salon pour regarder des vidéos (C. n’a pas d’antenne où brancher sa télé). Ils sont capables des heures durant d’avaler n’importe quoi sur petit écran alors que le monde les appelle. Enfin, le monde… le jardin, ses animaux, ses insectes aussi. J’ai pu ainsi immortaliser une certain nombre d’expression et de poses. Avant qu’on ne les mette de force dans le jardin.
Ils l’ont tout de même apprivoisé à leur manière, se faisant des sentiers et même un salon où ils ont couché toute l’herbe. Ils ont trouvé et adopté un petit escargot (tout petit) qu’ils ont baptisé Rosa (ne me demandez pas pourquoi) et dont ils se sont si bien occupé qu’il a fini par mourir (je sais que le masculin l’emporte sur le féminin, mais en cas d’animaux hermaphrodite comme l’escargot, qu’est-ce qu’on dit ?)
Ils l’ont donc enterré en grande pompe dans le « salon ».
Le soir en les couchant, nous leur avons donné la permission de 9 heures. C’est-à-dire, interdiction formelle de faire du bruit et de se lever avant 9 heures. N., à qui sa maman a confié une montre à l’air de prendre sa tâche au sérieux. D’ailleurs, quand il dort, N. est sérieux. Il a le sourcil froncé et la mine sévère. Mais tellement mignon…
Catherine a acheté un grand matelas gonflable. N. a déserté son lit pour pouvoir dormir avec Lou. E. gardant son lit et Garance squattant celui de N. Ça fait un peu dortoir et comme nous ne sommes pas des surveillants bien sévères, le chahut est régulier…
Bon pour le réveil, on verra. En cas de non respect, la sanction sera appliquée sans détail : sieste pour tout le monde. Scrogneugneu…