Une de mes amies est conseillère au planning familial. Un sacerdoce. Elle est payée avec un lance pierre, n’a pas des horaires faciles et voit défiler dans ses permanences toute la misère du monde. Parfois, quand nous nous voyons, et que je lui demande comment elle va, elle soupire, me dit qu’elle a eu des cas effroyables, ne m’en dit rien ou à demi mots. Soupire à nouveau, puis sourit et repart.

Par elle, je me suis rendue compte que, pour bien des femmes, et surtout de très jeunes femmes, le planning familial est encore le dernier recours, le dernier endroit où elles peuvent décider de faire ce qu’elles veulent de leur corps. Car, pour une grande partie de la population qui vit en France, la libération de la femme est encore un vœux pieu. Enfin, quand je dis pieu… Je me souviens des slogans que nous hurlions quand nous défilions en 1974 d’abord, puis en 1979 : « Un bébé quand je veux, si je veux. » Et grâce à mon amie, je me suis rendue compte que, pour beaucoup de femmes, en France, en 2009, ce slogan est encore lettre morte.

Est-ce qu'il va faloir remettre ça ?

Alors quand je lis ça dans Le Parisien, je vois rouge

Le SOS du Planning Familial
… Un tiers des 70 associations départementales du Mouvement français pour le planning familial (MFPF), qui animent des centres d’information ou de planification familiale en France (écoute, conseils, aide à la contraception, accueil des mineures, éducation à la sexualité…), redoutent de devoir mettre la clé sous la porte. Pour la première fois en trente-sept ans, les subventions de l’Etat ont été réduites de 42 % pour 2009. « Ce n’est pas assez pour tuer les structures les plus solides, mais c’est la mort de toutes nos petites associations », s’est emportée hier Françoise Laurant, présidente du mouvement, qui a lancé un SOS pour sauver le Planning. Véritable symbole du droit des femmes à disposer de leur corps, il est porté par 1 000 bénévoles et 420 salariés qui reçoivent chaque année 450 000 personnes. L’adolescente à l’aube de sa vie amoureuse, la jeune femme qui veut prendre la pilule, la mère qui redoute d’être enceinte pour la quatrième fois… Rien qu’un bureau comme celui de Montauban, menacé de fermeture, assure plus de 5 000 entretiens par an. A une époque où les relations filles-garçons se tendent, où les avortements chez les mineures restent très élevés, Françoise Laurant estime au contraire « que les subventions devraient être multipliées par trois ». En attendant, le MFPF lance une pétition en ligne*. Hier déjà, Lucien Neuwirth, auteur (RPR) de la loi qui a légalisé la contraception en 1967, lui a apporté son soutien. Tout comme l’ancienne ministre PS aux Droits des femmes Yvette Roudy, effarée par « tant de régression ». Même la réalisatrice Claire Simon est revenue spécialement de Suède pour dire sa stupéfaction. « Moi qui ai passé plusieurs semaines dans le Planning de Marseille, je ne peux pas imaginer cette structure disparaître. C’est un lieu essentiel de dialogue, de choix, de liberté, de transmission entre les générations…»
Le Parisien – Aujourd’hui en France 28 janvier 2009.

On ne va tout de même pas être obligées de redescendre dans la rue pour ça aussi ! Il y en a marre de vivre en marche arrière. Il faut dire non à cette politique de la misère. Il faut sauver le planning familial.

Et signer leur pétition

Est-ce qu'il va faloir remettre ça ?
Est-ce qu'il va faloir remettre ça ?
Affiche du MLAC
Affiche du MLAC

Le jeudi 5 février 2009, 22:48 par Milky

« Marre de vivre en marche arrière », c’est tout à fait ça…

2. Le jeudi 5 février 2009, 23:17 par Tatami

Je m’était fendue d’un long commentaire pour une fois et cet enfoiré d’ordinateur s’est planté au mauvais moment ! grrr

Bien sûr que j’ai signé la pétition; la régression sournoise des droits des femmes, acquises après bien des luttes, ça me met les boules….

En 1971, travaillant déjà et possédant mon propre carnet bancaire, lorsque je me suis mariée à 22 ans, il m’a fallu l’autorisation de mon mari pour le garder, et encore en accolant son nom au mien.

Il y a aussi les gros connards que j’ai entendu pas plus tard qu’hier dans un forum de discussion sur notre chaîne de radio RTL Belgique, proposant leurs solutions pour réduire le traffic automobile ingérables dans le futur, en renvoyant les femmes à leurs casseroles et à leurs moufflets :-C
non mais ! On redescendra dans la rue,et je te jure , à près de 60 balais, j’ai encore de la voix !

3. Le jeudi 5 février 2009, 23:48 par julio

Oui sais bizarre d’un coté on a l’impression que tout est réglé, que notre société et libéré !puis il y a une réalité du quotidien qui nous prouve le contraire, les femmes continue a êtres exploit, et moi j’en connais qui sont battu pars leur compagnon et elle supporte sa, beaucoup on honte de l’avoué. Ces comme ci une main invisible étai derrière tous sa, « moi je suppose que certaine idée de l’église et de la droit conservatrice son dans la tête de certaine personnes pas très bien intentionnés»

4. Le vendredi 6 février 2009, 01:56 par Gilsoub

Le problème est provisoirement réglé, reste plus qu’a vérifier que les promesse sont tenus! juste être encore et toujours vigilant!

5. Le vendredi 6 février 2009, 08:53 par beasoub

J’ai fait une note sur ce même sujet et j »ai aussi répondu chez Lyjazz.
je propose un sujet de thèse à une jeune sociologue : Lutte des femmes depuis la fin de la guerre, acquis et laissé pour compte.
Comme tatami, j’ai du demander à mon époux l’autorisation d’ouvri un compte en banque pour y mettre MON salaire, et aussi pour mettre MON bébé sur mon passeport .

6. Le vendredi 6 février 2009, 09:09 par Anne

C’était fait, mais à chaque fois que j’y pense, je regrette de n’être pas plusieurs pour signer encore et encore !

7. Le vendredi 6 février 2009, 17:25 par andrem

Voilà bien le vrai combat. Quel est ton combat, disait Julio, le voici, le nôtre à tous et voici pourquoi je me dois de continuer d’écrire, désespoir ou non. Continuer d’écrire continuer d’y croire ou d’y faire semblant, mais chut, je ne te le dirai pas que je n’y crois plus.

Il va falloir remettre ça. Tous les ça gagnés qu’on nous saccage en riant. Même moi qui homme ait dû combattre mes acquis de base pour me mettre au goût de la civilisation que nous essayons de construire, je dois veiller à mon propre grain. Et le déchaînement des forces contraires qui ont cessé d’avoir honte nous interdit toute complaisance, et de moins en moins le second degré de plaisanterie.

Triste à en mourir. Triste à ne pas cesser d’écrire,de combattre. Ici est le seul champ de bataille où je me crois quelque compétence. Ne plus lâcher mon clavier de glu.

8. Le samedi 7 février 2009, 19:47 par Clopine Trouillefou

par contre, d’autres associations sont, elles, soutenues. Le CIDFF : centre d’information pour le droit des femmes ET DE LA FAMILLE, je souligne parce que associer ainsi la femme et la famille, c’est déjà un retour en arrière, vit, prospère, et ne sert pourtant pas à grand’chose.

Je signe des deux mains, bien sûr. Nos filles nous remercieront !

Clopine

9. Le lundi 9 février 2009, 20:53 par Tili

Oui, en marche arrière, recul sur tous les fronts d-)

10. Le mardi 10 février 2009, 11:58 par dieudeschats

Ce que certains appellent « libération » est pour d’autres le signe de l’aliénation. Je pense par exemple aux pubs de style « pornochic »…

11. Le mardi 10 février 2009, 12:07 par Akynou

Gilsoub, les promesses d’Hortefeux…

12. Le mardi 10 février 2009, 12:35 par Akynou

Dieudeschats : le porno, chic ou pas, et l’utilisation des femmes dans les pubs (comme celle des enfants) n’a rien à voir avec la libération. Et ne sont dupes que ceux qui le veulent bien. J’ai souvent remarqué que ce sont des arguments assénés par des hommes qui justifient ainsi leurs envies : allons tu va pas faire ta bégueule, t’es libérée, non ?
J’en avais très largement parlé dans Le Bal des débutantes.

13. Le mardi 10 février 2009, 15:54 par andrem

Tiens c’est vrai, le bal des débutantes. Il me manque, soudain, celui qui me rajeunissait et m’envoyait rêver du côté des bergères.

14. Le mardi 10 février 2009, 23:50 par Akynou

Andrem : il n’a pas bougé de place :-)